Politiques

qui sont les candidats déclarés à la primaire écologiste?


Un nouveau visage dans la course à l’Elysée. La députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, ancienne ministre de l’Ecologie, a annoncé, lundi 5 juillet sur BFMTV, sa candidature à la primaire écologiste. “Je souhaite gagner cette primaire et être en capacité de remporter cette élection présidentielle”, a déclaré la présidente de Génération écologie, évoquant sa volonté de “protéger les Français et les Françaises du réchauffement climatique”

L’élue rejoint ainsi quatre autres candidats pour la primaire des écologistes, dont les deux tours auront lieu entre les 16 et 19 septembre puis du 25 au 28 septembre. Yannick Jadot, Eric Piolle, Sandrine Rousseau, Jean-Marc Governatori, Delphine Batho : quels sont les parcours des écologistes déjà en lice pour l’élection présidentielle, et que proposent-ils ? Franceinfo fait le point, avant la date limite pour présenter les candidatures, fixée au 12 juillet.

Sandrine Rousseau

Son parcours. Sandrine Rousseau a été la première écologiste en lice pour la primaire, se déclarant dès l’automne 2020. La candidate, maître de conférences en économie à l’université de Lille, est spécialiste des questions d’économie de l’environnement ou encore du développement durable, souligne LibérationElle a rejoint les rangs d’Europe Ecologie dès 2009, avant d’être très rapidement candidate sur la liste du mouvement dans le Nord pour les élections européennes. Viennent ensuite les élections régionales de 2010 : élue conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais, Sandrine Rousseau devient vice-présidente du conseil régional, un mandat au cours duquel elle se charge de l’enseignement supérieur et de la recherche. Dans le sillage de la fusion entre Europe Ecologie et Les Verts, l’économiste entre à la direction du mouvement, puis occupe le poste de secrétaire nationale adjointe.

Elle est l’une des femmes qui témoignent, en 2016, avoir subi du harcèlement et des agressions sexuelles de la part de Denis Baupin. Six mois après le classement sans suite de sa plainte, en 2017, Sandrine Rousseau démissionne de la direction d’EELV. Elle écrit le livre Parler et monte une association de défense des victimes de violences sexuelles, les aidant à porter plainte. 

Ce qu’elle propose. Sandrine Rousseau se définit comme “écologiste de rupture”. Sur franceinfo, elle a récemment appelé à “retrouver les limites physiques, planétaires à notre croissance, à notre modèle de développement”et à “encadrer de manière forte, ambitieuse et volontariste le système économique tel qu’il est”. La candidate défend ainsi l’idée de “mettre un prix au carbone”, le fait qu’“on ne peut pas couper plus de bois qu’il n’en pousse”, et que l’on ne doit pas “gaspiller les ressources”“Actuellement, on est dans un modèle qui prend, utilise, jette”, dénonce-t-elle.

Eric Piolle 

Son parcours. Le maire de Grenoble est ingénieur de formation, ancien cadre informatique au sein d’Hewlett-Packard, dont il a été licencié en 2011 pour avoir refusé l’entrée en vigueur d’un plan de délocalisation, rappelle France Inter. Il est entré tôt en politique, puisqu’il a été candidat aux élections législatives dès l’âge de 24 ans, souligne France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Eric Piolle s’est engagé au sein du mouvement La semaine de quatre jours, mais également avec Nouvelle Donne, et a rejoint Europe Ecologie-Les Verts en 2009. 

D’abord conseiller régional, il est élu maire de Grenoble (Isère) en 2014, après avoir mené une alliance entre EELV, La France insoumise et des militants non-encartés, rejointe par la suite par le PCF, Génération.s et plusieurs socialistes. L’ancien cadre informatique a été réélu en juin 2020, avec 53% des voix au second tour des élections municipales. 

Ce qu’il propose. Eric Piolle est le deuxième, après Sandrine Rousseau, à s’être déclaré candidat pour la primaire des écologistes. S’appuyant sur l’exemple de l’alliance qui lui a permis de s’emparer de la ville de Grenoble, il espère rééditer la formule au niveau national. Pour le maire de Grenoble, il s’agit de fédérer autour d’un “arc humaniste” une large coalition de forces de gauche. 

Sur le plan des idées, Eric Piolle défend notamment un référendum, peu après l’élection présidentielle, en vue de “moderniser et démocratiser” la Ve République. Le maire de Grenoble est notamment favorable à l’introduction de la proportionnelle aux élections législatives, et prône la fin “de la monarchie présidentielle par une pratique du pouvoir concertée”

Yannick Jadot 

Son parcours. Né en 1967, Yannick Jadot, soutien de la campagne de Noël Mamère pour l’élection présidentielle de 2002, travaille jusqu’en 2008 comme directeur des campagnes de Greenpeace France. Il rejoint ensuite Europe Ecologie, dont il est la tête de liste dans la circonscription Ouest, pour les élections européennes de 2009. L’adhérent des Verts depuis 1999 est élu au Parlement européen, avec un peu plus de 16,6% des voix. Il confirme son siège à Strasbourg en 2014, puis en 2019.

Dans l’Hémicycle, l’élu écologiste a notamment dénoncé le traité Ceta entre l’Europe et le Canada. Il a critiqué le modèle européen” de l’ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, un modèle selon lui “de circulation sans entraves des biens, des marchandises, des investissements, mais des barbelés, des camps et des murs pour les personnes”. 

Sur le plan national, Yannick Jadot n’en est pas à son premier essai pour l’élection présidentielle. Ayant d’abord initié un appel pour une primaire de toute la gauche en 2016, l’élu avait remporté la primaire écologiste devant Michèle Rivasi, avec 54,25% des voix. Il s’était ensuite retiré de la course en janvier 2017, au profit de Benoît Hamon. 

Ce qu’il propose. Je veux mettre l’écologie au cœur du pouvoir, au cœur d’un grand projet de société”, a déclaré Yannick Jadot lors de l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle, le 30 juin. 

Le lendemain, le député européen a détaillé les premières lignes de son programme. “Dans cette campagne, je veux redonner du sens au travail, conditionner toutes les aides aux entreprises au regard du climat et de la justice sociale, notamment pour les salariés de la deuxième ligne, les conditionner à l’égalité femme-homme également”, a développé Yannick Jadot sur France Inter.

L’eurodéputé défend une “taxe carbone” qui “ne doit pas coûter un euro aux familles les plus vulnérables” et le fait “d’utiliser les revenus de la taxe carbone pour rénover des logements”, “aider à l’achat d’un véhicule moins polluant” et “redonner du pouvoir d’achat”. Il a également annoncé, s’il est élu, un investissement de “50 milliards d’euros par an, pendant 5 ans”, pour “reconstruire l’économie française”, décarboner l’industrie et en relocaliser certaines, ou encore développer les énergies renouvelables. 

Jean-Marc Governatori

Son parcours. Ancien entrepreneur dans les meubles discount, le coprésident du parti Cap écologie, avec Corinne Lepage, a défendu de nombreuses causes au cours de son parcours politique : la lutte contre l’insécurité, la défense des petits commerçants, la protection des animaux… Il s’était également déclaré à l’élection présidentielle de 2007, sans toutefois parvenir à réunir les 500 parrainages nécessaires. 

Conseiller municipal de Nice et conseiller communautaire de la Métropole Nice Côte d’Azur, Jean-Marc Governatori s’est plus récemment présenté aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Après avoir quitté la liste d’EELV (car celle-ci s’était unie au PS et le PCF), il avait recueilli 5,3% des suffrages le soir du premier tour. Il avait ensuite appelé à voter pour Renaud Muselier face au RN, après le retrait de la liste de gauche et écologiste de Jean-Laurent Félizia.

Ce qu’il propose. “J’incarne l’écologie au centre”, a déclaré Jean-Marc Governatori dans un communiqué, à l’annonce de sa candidature “centriste” pour la primaire des écologistes. “Face aux impasses écologique, économique, sanitaire, sociale… Face à la problématique de la sécurité des biens et des personnes, face à l’absence de sens sauf celui de consommer, nous présenterons un projet de société complet et novateur”, a-t-il déclaré.

Delphine Batho

Son parcours. Delphine Batho, née en 1973, a débuté son parcours politique en se lançant, très jeune, dans un engagement syndical. Adolescente, elle adhère à la Fédération indépendante et démocratique des lycéens (FIDL) et à SOS Racisme, rappelle Le PointMembre du Parti socialiste depuis 1994, elle devient, en 2004, la “Madame sécurité” du parti, rejoignant le discours de Julien Dray sur ce sujet. Trois ans plus tard, elle est élue députée de la deuxième circonscription des Deux-Sèvres et succède ainsi à Ségolène Royal, dont elle soutient la proposition de “l’ordre juste” lors de la campagne présidentielle de 2007. 

Avec l’élection de François Hollande, cinq ans plus tard, Delphine Batho est d’abord nommée ministre déléguée à la Justice, mandat au cours duquel elle est épinglée pour son appartement de 108m2, loué 1 524 euros par mois auprès de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP). L’ancienne députée rejoint en juin 2012 le ministère de l’Ecologie, avant d’être limogée, un peu plus d’un an plus tard. Delphine Batho venait alors de dénoncer le “mauvais” budget 2014 pour son ministère, et un “tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom”. De retour à l’Assemblée nationale, elle quitte ensuite le Parti socialiste en mai 2018, afin de prendre la présidence de Génération écologie. 

Ce qu’elle propose. L’écologiste, qui explique être “pour la régulation écologique de l’économie de marché”, dit “assumer d’être pour la décroissance, d’être pour un équilibre entre les nécessités humaines et les nécessités de la préservation du vivant”. “Cela implique une autre écologie, qui s’adresse à toutes et à tous, qui assume sa dimension régalienne et républicaine, qui assume la décroissance, et qui est aussi indépendante par rapport aux anciens clivages partisans”, a-t-elle défendu en présentant sa candidature.

Dans son livre Ecologie intégrale. Le Manifeste (éditions du Rocher), Delphine Batho évoquait déjà “l’écologie intégrale démocratique (…), une espérance en rupture totale avec le libéralisme et le socialisme (…), les deux faces d’une même pièce : celle de l’effondrement de la nature qui est la racine cachée de ces modèles.” 




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