Economie

Didi, l’Uber chinois, dans le collimateur de Pékin

L’application de covoiturage Didi Chuxing, à Pékin (Chine), le 2 juillet 2021.

Le régulateur chinois continue de montrer les crocs face à ses géants de la tech : l’Administration chinoise du cyberespace a annoncé, vendredi 2 juillet, avoir lancé une enquête sur le leader chinois de la commande de taxi et de voiture avec chauffeur, Didi Chuxing, et ce deux jours seulement après qu’il a levé 4,4 milliards de dollars (3,71 milliards d’euros) à Wall Street, sur la base d’une valorisation de 67 milliards de dollars.

Dimanche 4 juillet, le régulateur de l’Internet chinois a accentué la pression en suspendant Didi des magasins d’applications, après avoir imposé à l’entreprise de stopper les nouvelles inscriptions. Des mesures qui dureront le temps de l’enquête. Et lundi, deux autre sociétés chinoises du numérique, cotées aux Etats-Unis, sont à leur tour visées par une enquête concernant leurs pratiques en matière de données.

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« Après des recherches et des vérifications, il a été établi que l’application Didi Chuxing se trouve en infraction grave de la réglementation en matière de collecte et d’utilisation des données personnelles », a expliqué le régulateur, ajoutant qu’il demandait à l’entreprise de « corriger les problèmes existants » et de « protéger efficacement les informations personnelles des utilisateurs ». On ignore pour l’instant la nature des infractions reprochées, de même que la durée de l’enquête. D’après les règles de l’administration, celle-ci doit fournir un résultat initial sous quarante-cinq jours, sauf cas particulièrement complexes. En attendant, l’application continue de fonctionner pour les anciens utilisateurs.

Vaste campagne de régulation

Après avoir permis le développement de géants de la tech en faisant preuve, pendant des années, d’une grande tolérance législative à leur égard, la Chine mène, depuis l’automne 2020, une vaste campagne de régulation du secteur.

Ant Group, la filiale financière d’Alibaba, en a été la première victime, avec l’annulation au dernier moment de son introduction en Bourse, qui aurait pu être la plus importante de l’histoire. Cette fois-ci, le régulateur a laissé la mise sur le marché avoir lieu, mais le timing de l’annonce de cette enquête, seulement deux jours après les grands débuts de Didi à Wall Street, n’est pas anodin. Si certains suggèrent que Didi s’est dépêché pour lever des fonds avant d’être ciblé par Pékin, le régulateur a aussi pu réagir à cette introduction, la plus importante pour une entreprise chinoise depuis celle d’Alibaba en 2014. « Les entreprises qui entrent en Bourse à l’étranger et qui ont une position dominante attirent plus l’attention des régulateurs, mais cela ne me paraît pas unique à la Chine », souligne Bill Russo, spécialiste des questions de mobilité en Chine et fondateur du cabinet de conseil Automobility, à Shanghaï.

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