Economie

Pour les étudiants les plus en difficulté, la précarité ne disparaît pas pendant l’été

Une distribution de nourriture à l’initiative de l’association étudiante Linkee, à Paris, en novembre 2020.

Au risque de casser l’ambiance, non, la réouverture des terrasses n’a pas fait disparaître tous les problèmes engendrés par la crise sanitaire ; la fin du couvre-feu non plus, ni le début de l’été. Pour les étudiants précaires, l’arrivée des vacances n’est en rien synonyme d’accalmie.

Dans le 13e arrondissement de Paris, soir de défaite de l’équipe de France de football à l’Euro (on avait prévenu pour l’ambiance), ils étaient près de quatre cents à se presser dans le bar associatif ESS’pace. Pendant que d’autres se préparaient pour le match, eux venaient récupérer des denrées alimentaires et autres kits d’hygiène.

Reportage : L’aide alimentaire au temps du confinement : « Des étudiants viennent nous donner un coup de main, mais aussi s’approvisionner »

Cantal AOP, fenouils et pomelos bios, carottes râpées, faisselle et fromage frais, œufs « très gros » de la Ferme du pré… Sans oublier les Kinder Bueno (« pleins d’huile de palme, mais pour le kif ! », précise Simon, l’un des trente bénévoles du jour) : voilà de quoi remplir de nombreux cabas en berne.

« Quand on est précaire, on l’est aussi l’été, le week-end et les jours fériés », rappelle Julien Meimon, président de l’association Linkee, à l’origine de ce type de distributions solidaires fondées sur le principe de la récupération d’invendus alimentaires. Le « durable » en est la clé : à la fois grâce à des stocks de qualité – collectés auprès de grossistes, exploitants agricoles, restaurateurs, traiteurs, artisans, etc. – mais aussi parce que l’aide s’inscrit dans le temps, au moins autant que les jeunes en auront besoin. Pas question, donc, de plier bagage pendant la période estivale.

« C’est de l’endurance. On doit se révolter. Ne surtout pas banaliser ! », affirme Astrid Bourquin

« Pleine de gratitude », Astrid Bourquin, 25 ans, refuse d’y voir « un acquis » : « On finit par s’habituer à nos galères. Mais on ne devrait pas ! » Avec les denrées qu’elle récupère, l’étudiante en histoire de l’art nourrit aussi sa sœur et sa mère, qui souffre de troubles psychologiques. « C’est lourd de devoir tout prendre en charge et de combiner avec les études », raconte-t-elle. En avril, Astrid a trouvé un « emploi miraculeux » dans un magasin de donuts artisanaux : « Je remercie le karma ! Avec ce que je gagne, je peux aussi payer les frais médicaux de ma mère. » Elle répète : « Faut pas que ça devienne une habitude. C’est de l’endurance. On doit se révolter. Ne surtout pas banaliser ! »

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