Economie

« Plutôt que de donner une aide financière à la jeunesse, attribuons-lui gratuitement des permis d’émission de CO2 »

Tribune. Il est un constat qui semble partagé par l’ensemble de la classe politique : la jeunesse a sans doute été la grande perdante de la crise du Covid-19. Pour y remédier, le gouvernement a récemment annoncé travailler à la création d’une aide mensuelle, de l’ordre de 500 euros, pour les jeunes sans emploi.

Sans nous opposer à la création de cette aide, nous pensons qu’une politique plus ambitieuse, juste et vertueuse est possible. Cette politique devrait prendre en compte les aspirations environnementales des jeunes générations en remettant l’environnement au centre du débat public.

Durant de nombreuses années, l’un des principaux freins identifiés par les économistes quant à la mise en place d’une politique environnementale résidait dans le fait que bénéfices et coûts n’étaient pas supportés par les mêmes personnes. En effet, lutter contre le changement climatique aujourd’hui impose des coûts élevés aux générations présentes, alors que les bénéfices attendus concernent les générations futures.

La lutte contre le changement climatique

Les différents mouvements de contestation observés lors des récentes tentatives de renforcement de la fiscalité environnementale attestent ce problème. D’un autre côté, si peu est fait maintenant (au bénéfice si l’on peut dire des générations présentes), les coûts du changement climatique seront supportés par les générations futures, jusqu’à récemment silencieuses car absentes.

Ces générations sont désormais bien là, et ont été durement frappées par la crise du Covid-19. Consciente du danger, la jeunesse s’est largement engagée dans la lutte contre le changement climatique comme en témoigne par exemple son implication dans différentes manifestations, comme la Marche pour le climat.

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Plutôt que de donner une aide mensuelle en euro à une partie de la jeunesse, nous pensons qu’il serait bénéfique de lui attribuer gratuitement des permis d’émission de CO2. Les entreprises européennes des secteurs les plus polluants sont aujourd’hui tenues de couvrir leurs émissions de gaz à effet de serre à un niveau inférieur à un certain quota qui leur est octroyé. Si elles dépassent ce quota, elles doivent alors acheter sur le marché européen les permis d’émission sans quoi elles s’exposent à de lourdes sanctions financières.

Des « droits de propriété » sur le climat

En distribuant une partie des quotas aux jeunes, ces derniers pourraient alors faire le choix de vendre leurs permis aux entreprises sur le marché européen et récupérer une somme d’argent, ou alors de conserver ces permis et de les « geler », s’ils considèrent que la politique climatique européenne, caractérisée par le nombre total de quotas octroyés, n’est pas assez ambitieuse.

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