Economie

Un an après, le bilan mitigé du plan de relance

Le ministre des finances Bruno Le Maire portant un masque marqué du logo « France relance », à l’Elysée, le 23 juin 2021.

Si près, si loin. Il y a un an, la France se réveillait, groggy, d’un premier confinement qui avait fait chuter l’activité de près de 30 %. Une nouvelle étape s’ouvrait : celle du « plan de relance », qui serait présenté officiellement à la fin de l’été.

Un an plus tard, alors que l’heure est à l’euphorie de la reprise et qu’Emmanuel Macron tente d’asseoir son nouvel agenda de réformes, que reste-t-il de ce projet à 100 milliards d’euros, qui devait servir à « bâtir un pays différent d’ici à dix ans », selon les mots du chef de l’Etat, le 14 juillet 2020 ?

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Objet économique hybride, censé à la fois doper l’économie à court terme et préparer la France de 2030, « France relance » a été bâti selon trois axes, chacun doté d’une trentaine de milliards d’euros : la transition écologique (rénovation des bâtiments, infrastructures…), la compétitivité (baisse de 20 milliards d’euros sur deux ans des impôts de production, soutien à l’industrie), l’emploi et la cohésion sociale (plan jeunes, Ségur de la santé…).

D’un montant quatre fois supérieur à celui de Nicolas Sarkozy au sortir de la crise financière de 2008 (26 milliards), il a toutefois été percuté par les rechutes sanitaires et les reconfinements de l’hiver. Résultat : les ministres de Bercy ont beau rivaliser d’indicateurs économiques et de déplacements sur le terrain pour vanter le nombre de projets labellisés, d’usines agrandies ou de collectivités aidées, « aujourd’hui, la seule chose qui imprime, c’est la sortie de pandémie », constate Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut Ipsos.

Mesures hétéroclites

« Il y a une confusion naturelle entre les mesures d’urgence et de relance : ce qui intéresse les gens, c’est de savoir si l’économie résiste, s’ils ne vont pas perdre leur boîte ou leur emploi », explique Mathieu Plane, de l’Observatoire français des conjonctures économiques. Selon ses calculs, pour 2020-2021, les dépenses réelles (urgence et relance) représentent environ 160 milliards d’euros, « soit 7,5 points de PIB [produit intérieur brut], un niveau dans la moyenne européenne ».

Mais le « quoi qu’il en coûte », incarné par la prolongation des mesures de soutien massives aux secteurs et aux salariés sinistrés (fonds de solidarité, chômage partiel, prêts garantis par l’Etat…), a davantage marqué les esprits que le plan de relance.

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D’autant que ce dernier agrège des mesures hétéroclites. « On a du mal à identifier son objet, souligne M. Plane. Le plan hydrogène n’a pas grand-chose à voir avec la prime à l’embauche ou la baisse des impôts de production… On est sur un entre-deux : si on vise 2030, le plan en fait trop peu. Si c’est une réponse à la crise, les mesures d’urgence étaient mieux calibrées. »

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