Santé

« Atchoum ! » La voie neuronale de l’éternuement découverte ?


Une récente étude vient de paraître dans la revue Cell sur la neurophysiologie de l’éternuement. Les auteurs prétendent avoir découvert une voie neurophysiologique précise de ce phénomène. 

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Vous pensiez que l’éternuement n’était pas un mystère pour les scientifiques ? Détrompez-vous. Les tenants et les aboutissants neurophysiologiques de ce phénomène ne sont pas bien compris par les spécialistes de la question. Une récente étude parue dans la revue Cell prétend avoir découvert l’une des voies neuronales qui causent l’éternuement. Mais il semble que même dans cette étude, ce ne soit pas de l’éternuement dont nous parlions. Pour y voir un peu plus clair sur cette publication, nous avons interrogé l’un des pionniers de la recherche sur la question, Fabrice Wallois, professeur des universités et praticien hospitalier Centre hospitalo-universitaire d’Amiens et à l’Université de Picardie. 

Un domaine de recherche ancien

Il suffit de jeter un œil à la bibliographie de ce papier récent pour se rendre compte que ce sujet de recherche n’est pas nouveau. La grande majorité des articles cités datent d’avant les années 2000. « Lorsque nous travaillions sur l’éternuement dans les années 1990, le champ du contrôle de la respiration était à la mode. On poursuivait la quête du Graal : le pacemaker respiratoire. Lorsque nous avons épuisé toutes les techniques à notre disposition pour étudier ce phénomène, c’est un sujet de recherche qui a perdu de l’intérêt. Il a fallu s’adapter et travailler sur autre chose », explique Fabrice Wallois. 

Atchoum ! ou snif snif ? 

Cet article paru dans Cell remet donc au goût du jour la recherche sur la neurophysiologie de l’éternuement. Il vient d’être publié et a même fait l’objet d’un communiqué de presse dans la revue Nature. Pourtant, lorsque nous discutons de l’étude avec Fabrice Wallois, il nous précise que les auteurs font erreur : « ce n’est pas d’éternuement dont il est question dans cet article, mais de reniflement ou d’un phénomène similaire ». Un peu abasourdis, nous lui demandons de plus amples explications, qu’il s’empresse de nous fournir : « Lorsqu’on regarde les enregistrements respiratoires réalisés par les expérimentateurs, on remarque que ce qu’ils observent chez leur modèle de souris, ce sont des co-activations de l’inspiration et de l’expiration alors que l’éternuement se caractérise par une alternance des deux. »

Il semble donc que l’article en question n’étudie pas vraiment un modèle de l’éternuement, mais du reniflement. Cela étant dit, l’étude en question est d’une très grande qualité selon Fabrice Wallois : « Leur méthodologie est vraiment robuste, ils caractérisent les différents neuromédiateurs impliqués, les sous-populations de neurones et les régions anatomiques qui interviennent dans le processus. Malheureusement, cela ne me semble pas être caractéristique de l’éternuement ». En effet, dans leur article, les chercheurs avancent lentement, expérience après expérience, afin de mettre en évidence, selon eux, la voie peptidergique responsable de l’éternuement ainsi que les délimitations anatomiques de cette voie.

Ils exposent différents sous-groupes de souris à des molécules irritantes comme la capsaicine et l’histamine puis comparent les réactions comportementales et les stimulations musculaires associées à ce qu’ils appellent des éternuements. En inhibant (ou parfois en activant) certains canaux ioniques, certains neurotransmetteurs et certains récepteurs, ils parviennent à retracer le cheminement de ce qui semble être du reniflement selon Fabrice Wallois, de l’irritation de la muqueuse nasale jusqu’au groupe central de respiration ventral en passant par le ganglion trigéminal. 

L’éternuement, encore un mystère ? 

Si cette étude ne nous renseigne apparemment pas sur l’éternuement, elle permet d’en savoir plus sur un phénomène similaire. Mais comme le rappelle Fabrice Wallois : « L’éternuement est un pattern moteur. C’est un processus vraiment distinct du reniflement. À ma connaissance, les rongeurs n’éternuent pas. Par conséquent, le modèle de souris utilisé semble peu adapté pour étudier l’éternuement. Il faudrait réaliser des études similaires chez des animaux capables d’éternuer. » Il semble bien que la neurophysiologie précise de l’éternuement reste encore un mystère à élucider. 

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