Economie

« Qui parle en notre nom, nous qui sommes plus de 190 000 à exercer des métiers divers, même si nous sommes tous des auteurs ? »

Tribune. Vous vous intéressez au monde de la culture, et vous lisez, entendez un peu partout : le rapport Racine publié le 22 janvier 2020 est enterré et avec lui les espoirs de toute une corporation ! La rumeur se répand sur les réseaux sociaux et les médias la reprennent comme une vérité avérée. Mais qui répand cette rumeur ? Qui parle en notre nom, nous qui sommes plus de 190 000 à exercer des métiers extrêmement divers, même si nous sommes tous des auteurs ?

Le rapport Racine, commandé par le ministère de la culture, pointait notre précarité. Il était riche de 23 préconisations pour y remédier. Nous voulons affirmer ceci : ce rapport était un point d’étape important et nous avons tous salué l’intérêt de sa parution et les aspects intéressants de son contenu, mais certaines de ses préconisations sont loin de faire l’unanimité parmi les auteurs que nous représentons.

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Nous déplorons donc vivement que seule la parole des organisations réclamant l’application stricte de ce rapport soit relayée dans les médias.

En d’autres termes : non, tout n’est pas bon à prendre dans le rapport Racine et non, il n’est pas admissible que certains parlent au nom des autres sur des sujets aussi importants que les élections professionnelles, le statut de l’auteur, la représentativité ou le contrat de commande.

Pourquoi nous mobilisons-nous ?

Nous sommes tous d’ardents défenseurs de la liberté de parole et d’opinion. Mais chacun, ou chaque organisation, doit avoir l’honnêteté de parler en son nom, de respecter la diversité et d’accepter la contradiction.

Car certains – qui prétendent donc parler au nom de tous les auteurs – font de l’application intégrale et sans concertation du rapport Racine, et notamment de la tenue d’élections professionnelles, un préalable. Ce qui a pour conséquence de bloquer toute avancée. Accaparant la parole dans les réunions de concertation au ministère de la culture ou ailleurs, ils se présentent comme seuls légitimes, et donc audibles dans les médias qu’ils semblent concevoir comme le lieu de la représentativité.

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La défense des auteurs ne peut être figée ni par une pensée qui s’autoproclame unanime ni par l’obsession électoralisto-médiatique de quelques-uns. « Si on organise des élections, ces parasites disparaissent », écrit une fondatrice de la Ligue des auteurs professionnels (LAP) dans un fil de discussion public.

Et il ne s’agit que d’un exemple parmi les multiples attaques, insultes, contrevérités qui circulent dans les réseaux sociaux à l’encontre de ceux qui ont le malheur de ne pas suivre leur ligne idéologique. Les élections envisagées auraient-elles ainsi pour motivation l’élimination d’adversaires plutôt que l’intérêt des auteurs ?

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