Economie

« Les entreprises françaises de la tech constituent un atout majeur dans la mise en place d’une réelle stratégie de souveraineté numérique »

Tribune. Le 17 mai 2021, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, accompagné de Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique, et de la ministre de la transformation et de la fonction publiques, a présenté la nouvelle stratégie nationale pour le cloud (informatique en nuage).

Il s’agit, d’abord au nom de la « souveraineté numérique », d’établir un label « Cloud de confiance » qui renforcerait la protection contre le droit extraterritorial américain (Cloud Act, Foreign Intelligence Surveillance Act – FISA) tout en autorisant l’emploi de « technologies étrangères sous licences », de facto celles des Gafam et plus précisément, celles de Google et de Microsoft.

Il s’agit ensuite d’imposer à marche forcée les solutions « Cloud de confiance » en en faisant, par le biais d’une politique « cloud au centre », la « méthode d’hébergement par défaut pour les services numériques de l’Etat », le tout sous un délai de migration de douze mois.

Nous, jeunes développeurs et développeuses travaillant dans le numérique, ne pouvons qu’abonder dans le sens de la construction d’une souveraineté numérique française et européenne. Mais la stratégie présentée par le ministère de l’économie nous semble hautement problématique pour plusieurs raisons.

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A en croire le ministre, la France et l’Europe seraient démunies de moyens humains et technologiques en matière de cloud, de sorte qu’il conviendrait aujourd’hui, comme un aveu de capitulation, de s’en remettre aux Gafam. Ce serait ignorer les acteurs du cloud français tels OVHcloud, Clever Cloud, 3DS Outscale, Scaleway, Oodrive, Rapid.Space ou Ikoula. Ces entreprises d’excellence emploient aujourd’hui plusieurs milliers de personnes, ont trouvé clientèle chez près de la moitié du CAC 40, et gagnent la confiance d’un nombre croissant d’acteurs en France et en Europe.

Une belle aubaine pour les Gafam

Ces entreprises françaises constituent donc un atout majeur dans la mise en place d’une réelle stratégie de souveraineté numérique. Pourtant, la communication ministérielle n’en porte mention qu’à la marge, préférant faire la part belle aux Gafam. Faisant fi de l’engagement de ces acteurs du cloud français, il y a lieu de s’interroger : le gouvernement est-il seulement à leurs côtés ?

Mais non contente de dénigrer l’écosystème du cloud français, la doctrine ministérielle revient en réalité à l’abattre en plein envol. Elle revient de facto à fermer l’accès aux marchés publics à une grande part des acteurs français – du moins dans un premier temps, compte tenu de la lourdeur imposée par la labellisation « Cloud de confiance » et le délai de migration de douze mois.

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