Economie

Volkmar Denner, patron de Bosch, passera la main à Stefan Hartung le 1er janvier 2022

Volkmar Denner, patron de Bosch, à Renningen, en Allemagne, en avril 2018.

Une page se tourne chez Bosch, premier équipementier automobile du monde. Volkmar Denner, qui dirigeait l’entreprise depuis 2012, quittera ses fonctions à la fin de l’année. Il sera remplacé au 1er janvier 2022 par l’actuel directeur du département mobilité, Stefan Hartung, a annoncé le groupe de Stuttgart jeudi 24 juin. Il aura la charge de poursuivre le grand chantier entrepris par M. Denner : la transformation de l’industriel traditionnel emblématique du made in Germany, un poids lourd unique en son genre de 71,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, mais non coté en Bourse, en un groupe technologique de pointe.

Cette mue est celle de l’industrie allemande dans son ensemble. Bosch, entreprise dominée par les ingénieurs, est un exemple de cette révolution menée depuis dix ans chez d’autres industriels allemands, comme Siemens ou Volkswagen. Elle est longue et parfois douloureuse : elle implique des technologies nouvelles, mais surtout un rapport repensé aux valeurs traditionnelles allemandes dans l’industrie.

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Là où Bosch s’enorgueillissait depuis ses origines de faire la chasse aux défauts de qualité, quitte à repousser de plusieurs mois la sortie d’une innovation, il a intégré davantage d’expérimentation rapide et de prise de risque, en s’inspirant des méthodes d’Apple ou d’Amazon. Là où la maîtrise du système mécanique du véhicule était la discipline reine, Bosch a fait passer le logiciel et la connectivité au premier plan. Il a intégré dans son organisation les règles de l’informatique dématérialisée (cloud), des applications externes et des plates-formes logicielles, quitte à conclure des partenariats avec des groupes maîtrisant mieux que lui ces technologies. En février 2021, il s’est associé à Microsoft pour créer une plate-forme de connexion des véhicules au cloud.

En champion de l’AIoT

Volkmar Denner restera dans l’histoire de Bosch comme celui qui a posé les bases de cette transformation. « Quand il a été désigné pour reprendre la direction du groupe, en 2012, les raisons de ce choix étaient parfaitement claires : c’est le seul, à l’époque, qui comprenait les enjeux de la révolution vers le numérique », témoigne un cadre du groupe qui le côtoie régulièrement.

Sa stratégie : équiper tous les objets produits par Bosch de capteurs, afin de les connecter par l’intermédiaire d’Internet. C’est l’Internet des objets, ou IoT. Et, au-delà, être capable de traiter et d’utiliser toutes les données ainsi recueillies, afin de les rendre intelligents. C’est l’intelligence artificielle (IA). La combinaison des deux technologies (AIoT) doit permettre à Bosch de maîtriser l’objet physique et le logiciel, ainsi que la connexion entre les deux. Bosch se voit en champion de l’AIoT.

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