Economie

Pourquoi faire le plein d’essence coûte déjà plus cher

Une station-service à Paris, le 17 avril 2020.

C’est un corollaire à l’amélioration de la situation sanitaire et à la liberté de circulation retrouvée : les prix du carburant, qui avaient spectaculairement plongé dès l’entrée en vigueur du strict premier confinement, sont repartis à la hausse. En mai 2020, les litres de Super 95 et de gasoil avaient atteint un plancher de 1,25 et 1,16 euro. Cette page est tournée. A la station-service, le « monde d’avant » est de retour : les prix s’affichent désormais autour de respectivement 1,51 et 1,40 euro.

« Une partie de l’épargne forcée réalisée au plus fort de la crise sanitaire provient de dépenses de carburant non réalisées », assure Flavien Neuvy, qui dirige l’Observatoire Cetelem de l’automobile. Selon les données de l’Insee, 42 % des ménages utilisaient, en effet, chaque jour, un véhicule, en 2018. En parallèle, la baisse des cours du fioul domestique a aussi pu jouer favorablement sur le budget des familles pendant une partie de l’année.

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L’assouplissement des contraintes sanitaires va de nouveau confronter l’ensemble des ménages aux effets d’un carburant plus onéreux. Ce renchérissement ne devrait pas peser à court terme sur les dépenses de consommation de Français trop longtemps frustrés de sorties et d’activités de loisirs. Selon l’Insee, on peut « raisonnablement » s’attendre à ce qu’ils ne limitent pas leurs déplacements estivaux. Plus largement, l’Observatoire Cetelem de la consommation perçoit des « signes d’impatience » consumériste à l’approche des vacances d’été. Selon une étude menée par l’organisme avec Harris Interactive, plus d’un quart des personnes interrogées prévoient d’y consacrer un budget supérieur à celui de l’été 2020.

« Pas de choc pétrolier à l’horizon »

Passé l’enthousiasme du retour à un mode de vie moins contraint, il faudra tout de même faire avec une essence toujours aussi – si ce n’est plus – chère. D’autant que le redémarrage progressif de l’activité économique et l’hypothèse du retour à une croissance soutenue au niveau mondial ne plaident pas pour un repli du prix des hydrocarbures. « On peut envisager que les cours du pétrole progressent encore légèrement, compte tenu des tensions perceptibles sur la demande, mais je ne vois pas se dessiner de choc pétrolier à l’horizon. Le niveau actuel, autour de 70 dollars le baril, paraît convenir aux producteurs, d’autant que les stocks sont très hauts », analyse Céline Antonin, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques.

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