Economie

les contours de la réforme du gouvernement se précisent

Une pensionnaire dans un Ehpad près de Nantes, le 30 mars.

« Sortir de la crise sanitaire par le haut » en portant une réforme qui « réconcilie » les plus âgés et les jeunes. Emmanuel Macron dira, après les élections régionales et départementales, s’il retient un tel scénario conçu par Brigitte Bourguignon, la ministre déléguée chargée de l’autonomie, comme un des ultimes projets de réforme du quinquennat. « L’objectif est d’avoir un texte suffisamment costaud pour emporter l’arbitrage favorable de l’Elysée », glissait, début juin, un conseiller au ministère de la santé.

Pour que le projet « parle aux citoyens » et non au seul secteur médico-social, les ministres du logement et du travail ont été mis à contribution et la copie a été passée au crible de plusieurs réunions interministérielles sous la houlette de Matignon.

Parmi les documents préparatoires auxquels Le Monde a eu accès figure une synthèse de présentation du projet intitulé « projet de loi générations solidaires ». Mais derrière le titre se cache un texte qui concerne quasi exclusivement les seniors et vante à la marge le gisement d’emplois et les retombées économiques à tirer de la « transition démographique ».

Des économies pour l’Etat

Depuis la promesse du chef de l’Etat, en juin 2018, de lancer « une loi » sur « la dépendance » dès 2019, la pandémie, meurtrière dans les Ehpad, a conforté l’aspiration à des modèles alternatifs à la maison de retraite. La réforme en est le reflet, en proposant d’engager « une révolution copernicienne » du maintien à domicile pour que vieillir chez soi devienne « la règle ». L’objectif est ainsi de « faire, à terme, de l’Ehpad l’exception plutôt que la norme ». Ce qui impose de limiter « drastiquement » la création de nouvelles places, indique le projet. Le besoin estimé à 110 000 nouveaux lits en 2030 doit être rapporté à 36 000, assorti, lit-on, d’un « moratoire sur la construction d’Ehpad en 2027 », alors que le rythme actuel est encore de 3 000 places supplémentaires par an.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Avec l’explosion attendue du nombre de personnes en perte d’autonomie, le besoin de places en Ehpad va devenir « massif » d’ici à 2030

Ralentir les entrées en institution apparaît, dans le texte du ministère, comme une mesure d’économie pour l’Etat. Une place d’Ehpad coûte aux finances publiques 30 000 euros, est-il rappelé, alors que le prix d’une place à domicile est évalué à 13 000 euros.

Prendre le « virage domiciliaire » est une antienne que tous les gouvernements récents ont entonnée. Sans parvenir à infléchir la tendance. En atteste la répartition des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) entre résidents en Ehpad et plus de 60 ans à domicile. Près de six bénéficiaires sur dix vivent chez eux. Soit 785 320 allocataires sur 1,3 million au total. Mais la proportion des bénéficiaires de l’APA en Ehpad ne diminue pas depuis 2004. Pourtant, près de 100 000 résidents – soit 24 % du total – sont suffisamment valides pour vivre à la maison.

Il vous reste 70.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page