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y a-t-il eu une absence de campagne d’information publique, comme l’affirme Marine Le Pen ?

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, vote lors du premier tour des élections régionales et départementales, le 20 juin 2021 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). 
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, vote lors du premier tour des élections régionales et départementales, le 20 juin 2021 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).  (SYLVAIN LEFEVRE / HANS LUCAS / AFP)

Une abstention record. 66,72% des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes, dimanche 20 juin, lors du premier tour des élections régionales, départementales et territoriales, rapporte le ministère de l’Intérieur. De quoi contrarier Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, pour lequel les instituts de sondage prédisaient des scores plus élevés. “Nos électeurs, on le voyait dans les sondages, disaient partager les idées du RN, mais ils ne sont pas allés exprimer ces idées”, a ainsi regretté la candidate à l’élection présidentielle sur France Inter.  

Une abstention qui serait liée à l’absence de spots gouvernementaux pour informer les citoyens des élections à venir, a avancé Marine Le Pen. “Je pense qu’on a tout fait pour détourner en réalité les Français de cette élection”, a accusé la présidente du RN, pointant “l’absence totale d’information avec des clips gouvernementaux”. “D’ailleurs, ils viennent de les mettre en œuvre, des clips gouvernementaux pour dire qu’il y a des élections, ce qu’ils n’avaient pas fait [au premier tour], et pourtant ils l’avaient promis.” Est-ce vraiment le cas ?

Les propos de Marine Le Pen se révèlent inexacts. “Il y a eu une campagne, une campagne qui est en cours, notamment sur les réseaux sociaux, depuis le 5 juin”, s’est défendu le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal lors du Conseil des ministres du 23 juin. Une campagne basée sur trois volets : “rappeler l’existence de ces élections” et leur objectif, redire la possibilité de faire procuration et réaffirmer l’existence d’un “cadre sécurisant” malgré la pandémie, a détaillé Gabriel Attal.

Les publications du gouvernement sur Twitter en attestent. Le porte-parole affirme que les posts vidéo du gouvernement sur le sujet ont été vus 23 millions de fois et que “40% des internautes les ont visionnés à 100%”.

En avril, déjà, le Premier ministre Jean Castex promettait devant l’Assemblée nationale de lancer “une grande campagne de sensibilisation au vote ainsi qu’une campagne d’information sur les compétences” des territoires, afin de “réduire” l’abstention, “traditionnellement plus élevée s’agissant des scrutins de cette nature”.

Du côté des médias de service public, Radio France et France Télévisions, des clips sur les élections ont bien été diffusés mais ils n’ont pas été produits par le gouvernement. Cette tâche revient aux antennes elles-mêmes, en vertu de la loi du 22 février 2021. Objectif : “expliquer le rôle et le fonctionnement” des conseils et assemblées territoriales “ainsi que les modalités et les dates de scrutin” durant les trois semaines précédant le premier tour, pendant la semaine d’entre-deux-tours et en dehors de la période de réserve qui précède le vote.   

Voilà pourquoi, à l’instar de toutes les antennes de Radio France, franceinfo émet trois spots par jour autour des élections depuis le 31 mai, de quoi atteindre un total de 72 diffusions jusqu’au 25 juin. Du côté de la télévision, là aussi, le canal 27 de la TNT s’astreint à cette obligation en diffusant des modules didactiques sur les scrutins locaux, chaque jour, vers 10h20 et 22h55. Des contenus moins incitatifs qu’informatifs que partagent également France 2, France 3, France 3 Corse et plusieurs déclinaisons de La 1ère, détaille une décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Enfin, seuls quelques territoires sont concernés par la diffusion de clips de campagne réalisés par les partis politiques, comme ceux habituellement diffusés lors de l’élection présidentielle : il s’agit de la Corse, de la Guyane, de Mayotte et de la Martinique. Pour cette dernière, où 14 listes étaient en concurrence au premier tour, ce sont par exemple deux à trois listes par jour qui ont pu faire campagne sur l’antenne de Martinique La 1ère. Un relais qui n’a toutefois pas empêché une forte abstention située à 67,55%, rapporte encore Martinique La 1ère




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