Economie

une enquête ouverte après des « mouvements de fonds suspects »

Des travailleurs en grève protestent contre un plan social à l’entrée de l’usine de fonderie d’aluminium MBF à Saint-Claude, dans le Jura, le 10 juin 2021.

Une enquête pour « abus de biens sociaux » a été ouverte dans le cadre de la liquidation judiciaire de la fonderie automobile MBF Aluminium, en raison notamment « de mouvements de fonds suspects », a annoncé, jeudi 24 juin, le procureur de la République de Lons-le-Saunier, Lionel Pascal.

« A l’occasion de la procédure devant le tribunal de commerce, il était fait état de mouvements de fonds suspects de la société MBF vers d’autres entités économiques ainsi que de rémunérations non proportionnées aux résultats de l’entreprise et bénéficiant au dirigeant ou à ses proches », a précisé M. Pascal dans un communiqué. Le journal Le Progrès, qui a révélé l’affaire, évoque la somme de 10 millions d’euros piochés dans les caisses de MBF.

Le parquet de Lons-le-Saunier avait ouvert cette enquête dès le mois d’avril, a fait savoir le procureur. « Nous en sommes au niveau des vérifications. » Par rapport aux mouvements de fonds suspects, il faut notamment voir « d’où ils viennent, où ils vont et s’ils ont une raison d’y aller », a-t-il ajouté. Par ailleurs, « une des parties à la procédure a fait état de niveaux de rémunération du dirigeant et de ses proches non proportionnés au résultat de l’entreprise, nous vérifions également », a-t-il poursuivi.

Créée dans l’immédiat après-guerre, la fonderie MBF Aluminium, qui fabrique des carters de moteurs et des pièces de boîte de vitesses, avait été placée en redressement judiciaire au début de novembre, faute de pouvoir rembourser ses dettes. Le tribunal de commerce de Dijon a prononcé, mardi, la liquidation de cette entreprise jurassienne, qui employait 270 salariés.

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« On ne savait pas où l’argent allait »

Sa direction, représentant les actionnaires – le britannique CMV et un entrepreneur italien –, avait été écartée par le tribunal de commerce durant le redressement, avec nomination d’un administrateur judiciaire.

« Des fonds sont partis sous forme de prestations de services dans une holding basée en Angleterre », a déclaré Nail Yalcin, délégué de la Confédération générale du travail (CGT). « On ne savait pas où l’argent allait. Des choses ont été faites, mais on ne sait pas si c’est dans la légalité ou l’illégalité », ajoute-t-il, précisant qu’« il y a déjà eu plusieurs audits réalisés par des cabinets mandatés par le gouvernement ».

M. Yalcin a annoncé que les salariés avaient l’intention de faire appel de la décision de liquidation de l’entreprise. « On va contester la décision de mardi devant la cour d’appel de Dijon et, en parallèle, on travaille à un projet de reprise de la fonderie par les salariés », a-t-il déclaré. Ils ont jusqu’au 4 juillet pour déposer leur recours.

Mardi, le tribunal n’a pas retenu l’unique offre de reprise, portée par l’entrepreneur français Michaël Azoulay, qui prévoyait la reprise d’un peu plus de 200 salariés. Les syndicats ont dénoncé la « passivité » de Renault et PSA (Stellantis), qui étaient les plus gros clients de MBF, et de l’Etat, dont ils espéraient une aide au sauvetage de plusieurs millions d’euros.

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Le Monde avec AFP


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