Economie

Une application peut-elle suffire à décongestionner les entrées des villes ?

Un usager de la métropole de Saint-Etienne utilisant l’application Moovizy.

La circulation aura vite repris ses droits. A peine les restrictions sanitaires étaient-elles allégées que les entrées des métropoles étaient à nouveau saturées dès potron-minet. A Bordeaux, Paris, Marseille, Lyon comme à Grenoble, Montpellier ou Nantes, les collectivités se retrouvent de nouveau confrontées au casse-tête des embouteillages. Pourtant, l’espace ouvert à l’automobile pendant les trente glorieuses se referme progressivement. Soucieuses de réduire la progression de la congestion mais aussi de la pollution, les villes tentent de modérer la circulation automobile. Développement des transports en commun, limitation de la vitesse autorisée, réduction des voies de circulation au profit de modes de déplacement plus écologiques sont autant de solutions mises en place.

Ces mesures peuvent entraîner une diminution du trafic, mais pas forcément – loin s’en faut – des embouteillages, les voitures étant toujours aussi nombreuses sur les voies qui leur sont attribuées. « Il y a toujours des appels d’air, certains se disant : je vais reprendre ma voiture », relève Laurent Chevereau du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).

Et si la solution venait d’une application MaaS ? Ce nouvel acronyme (pour Mobility as a Service) est sur toutes les lèvres dans le monde des transports. Objectif : agréger toutes les offres de mobilité existantes sur un territoire, publiques et privées, et les mettre à la disposition des habitants, afin de faciliter leurs déplacements et de les inciter à emprunter d’autres modes que la voiture individuelle.

Une offre robuste, de qualité et diversifiée

« Le MaaS est clairement un moyen de rendre lisible l’offre d’alternatives, qui est aujourd’hui éclatée entre différents opérateurs et relève du labyrinthe pour l’usager, souligne Laura Papet, directrice associée de PMP Conseil, qui accompagne les collectivités dans le développement du MaaS. Dès lors qu’elle offre une information fiable en temps réel et garantit une durée de parcours, une application MaaS peut lever une partie des freins au report modal vers les transports en commun et les solutions de mobilités partagées. » Encore faut-il, précise-t-elle, qu’il y ait sur le territoire une offre robuste.

« Un bon MaaS ne suppléera jamais à un mauvais système de transports », explique Yannick Tondut

Fin 2018, la métropole Aix-Marseille-Provence, qui finalise aujourd’hui son projet MaaS, a renforcé le service de la navette entre les deux villes. Roulant en partie sur une voie propre, celle-ci propose du wi-fi et une fréquence de cinq minutes aux heures de pointe et de dix minutes aux heures creuses. « Un bon MaaS ne suppléera jamais à un mauvais système de transports. Il faut d’abord qu’il y ait une offre de qualité et diversifié », abonde Yannick Tondut, qui a longuement travaillé sur le projet de MaaS d’Aix-Marseille-Provence en devenir, avant de rejoindre, en avril, la ville de Marseille.

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