Economie

« Un système plus stable et plus juste »

Tribune. Faut-il reprendre la réforme des retraites, et si oui comment ? En France, les évolutions démographiques sont marquées par l’augmentation de l’espérance de vie, plus que par la diminution de la fertilité. L’augmentation de l’espérance et de qualité de vie est une très bonne nouvelle. Mais elle nécessite des ajustements, en particulier de trouver le bon équilibre entre travail et retraite.

Sur la base des travaux d’Axel Börsch-Supan et des vingt-trois autres membres de notre « commission d’experts sur les grands défis économiques » réunie par le président de la République, nous plaidons pour l’adaptation du système de retraite et pour une série de mesures aidant les seniors à travailler plus longtemps et incitant les entreprises à aménager leurs conditions de travail et à les employer plus longtemps s’ils le veulent : par exemple, par un traitement des maladies chroniques en prévention et en réparation, par une formation continue adaptée, et par un aménagement des rythmes de travail et de transition vie professionnelle-retraite.

Rustines

Par rapport aux autres pays développés, la France a un taux d’emploi des seniors beaucoup plus faible (moins de 50 % à 60 ans) et un âge de départ en retraite plus précoce. En conséquence, le temps passé en retraite par les Français est 20 % plus long (4 ans) que pour les Allemands par exemple. Cela pose le problème de l’équilibre du système des retraites, et des réformes à répétition pour y mettre des rustines.

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La proposition de réforme discutée ces trois dernières années a de nombreux points positifs. Mais elle est perfectible.

Il ne s’agira ici que du régime général : il est évident que, pour des raisons d’équité, les régimes spéciaux, ceux des fonctionnaires et des indépendants, devront à terme se fondre dans un système universel.

S’il y aura toujours des imprévus (une crise sanitaire…) nécessitant des ajustements, il faut d’une part faire en sorte que le financement du système soit pérenne afin d’éviter des réformes continuelles, et d’autre part fournir une visibilité sur la façon dont ces ajustements auront lieu.

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Pour cela, nous proposons d’indexer les pensions sur les salaires plutôt que sur les prix, mais avec un ajustement si nécessaire (voir plus bas). L’équilibre du système actuel, indexé sur l’inflation, est otage de l’évolution différentielle des salaires et des prix ; cette évolution elle-même dépend du taux de croissance de la productivité, qui varie dans temps et se trouve difficile à anticiper. Dans notre proposition, à démographie donnée, salaires, cotisations et pensions évoluent au même rythme, ce qui rend le système plus stable et plus juste.

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