Economie

qui roulera à l’hydrogène demain ?

Ravitaillement d’un véhicule à la première station Shell de ravitaillement en hydrogène de Vancouver, au Canada.

Les pouvoirs publics ne sont pas les derniers à y croire. France et Allemagne soutiennent leurs filières H2 (hydrogène) à coups de milliards. Le Japon, la Corée du Sud en font des priorités nationales. Si l’on se réfère aux multiples annonces (près de deux cents initiatives en France !), chacun devrait rouler à l’hydrogène dans dix ans… Sauf qu’en réalité, rien n’est moins sûr.

Mais de quoi parle-t-on au juste ? L’hydrogène est la plus simple des matières, très présente dans la nature mais presque jamais à l’état pur. Produire – ou plutôt isoler – de l’hydrogène (molécule H2) – par exemple à partir de l’eau (molécule H2O) – nécessite de l’énergie. L’opération appelée hydrolise permet de stocker cette énergie que l’on pourra ensuite restituer sous forme d’électricité grâce à une pile à combustible. L’engin marchant à l’hydrogène n’émet alors rien d’autre qu’un peu de vapeur d’eau.

Ces véhicules sont loin de relever de la science-fiction. Pour s’en faire une idée, direction le pied de la Tour Eiffel, où fin mai s’était installé un « village » hydrogène à l’initiative de Toyota et du projet de navire H2 Energy Observer. Etaient là réunis plusieurs prototypes et solutions autour de la pile à combustible du constructeur japonais. L’occasion était bonne de passer en revue les modes de mobilité hydrogène et leur potentiel de développement.

Les voitures particulières

Quelques constructeurs (Toyota donc, mais aussi Honda, Hyundai, Mercedes) commercialisent des automobiles à hydrogène. Ces véhicules combinent l’avantage d’une voiture électrique à batterie (zéro émission à l’usage) sans les inconvénients (la recharge d’hydrogène se fait en trois minutes). Pourtant, la solution reste confidentielle pour les particuliers et va probablement le rester longtemps.

Premier problème : la fabrication de gaz H2 coûte encore très cher dès lors qu’il s’agit d’hydrogène vert produit par hydrolise à partir d’une éolienne ou de panneaux solaires. Actuellement, le seul moyen un peu abordable de fabriquer de l’hydrogène est de « craquer » du méthane (on parle de vaporéformage), ce qui non seulement brûle beaucoup d’énergie carbonée mais en plus libère le CO2 contenu dans le méthane. Bilan climatique : catastrophique.

Deuxième problème : le déploiement à grande échelle des stations hydrogène est très coûteux (autour d’1 million d’euros la station) et complexe. H2 est super-explosif, difficile à stocker et à transporter en grand. Or, sans un vaste maillage d’approvisionnement, il n’est pas envisageable que les automobilistes adoptent cette technologie.

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