Economie

« La Métropole du Grand Paris paraît inopérante pour gérer un espace de 12 millions d’habitants »

Tribune. Comme nous l’écrivions dans une tribune au Monde, la métropole parisienne est aujourd’hui confrontée à plusieurs urgences : lutter vigoureusement contre les inégalités sociales et territoriales – la région métropolitaine parisienne est la plus riche de France, mais aussi la plus inégalitaire, et les disparités s’aggravent depuis trente ans ; répondre à la crise du logement, qui prive d’un logement décent et accessible toujours plus de ménages ; compléter le Grand Paris Express par une offre de mobilités plurielles et décarbonées, et ainsi enrayer la spéculation immobilière autour des futures gares ; accélérer la transition vers un modèle urbain soutenable, centré sur l’humain, dans la perspective du changement climatique global.

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Exacerbées par la crise sanitaire, ces urgences renvoient à des enjeux structurels et de longue durée, non traités – sinon impensés – par l’action publique. C’est pourquoi la métropole est aujourd’hui plus subie que souhaitée par ses habitants, jusqu’à en devenir répulsive. Ce sentiment de ne pas avoir de prise sur les changements métropolitains se traduit notamment par l’aggravation du solde migratoire négatif de l’Ile-de-France et par une abstention électorale record dans certains territoires.

Urgences non résolues

Face à ces défis, le constat d’échec de l’organisation institutionnelle est patent. Les raisons de ce blocage sont surtout politiques. Force est de constater que la Métropole du Grand Paris, créée en 2016, a montré son incapacité à élaborer une stratégie partagée relative aux grands enjeux évoqués à l’instant. Elle paraît inopérante pour gérer un espace métropolitain de quelque 12 millions d’habitants et de près de 6 millions d’actifs créant 700 milliards d’euros de PIB annuel (32 % du PIB national).

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S’ajoutent à cela l’exacerbation des égoïsmes au niveau tant municipal que départemental, l’opacité dans la gestion des grands syndicats techniques, l’absence de démocratie participative… On mesure ainsi l’impasse à laquelle a conduit l’architecture institutionnelle, forgée au fil des décennies, caricature du « millefeuille territorial » et du « pré carré » à la française (cinq niveaux de décision, dont les compétences se chevauchent, se superposent, ou, pire, se neutralisent). Or, à chaque fois qu’il a été question de mettre en place un gouvernement métropolitain intégré, le processus s’est heurté à la résistance d’élus de toutes tendances qui ont défendu leurs prérogatives et refusé tout changement significatif.

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