Economie

« Durant vingt ans, les efforts pour dégager des synergies au sein de Vivendi se sont avérés vains, voire contre-productifs »

« Creation unlimited », création sans limite, Vivendi, le premier groupe de médias français, affiche avec fierté sa nouvelle raison d’être sur les murs violets du studio télévisé où s’est tenue, ce mardi 22 juin, à huis clos, l’assemblée générale des actionnaires. « Nous avons pour ambition de libérer la création et valoriser toutes les idées », assure, en introduction, Yannick Bolloré, le président du conseil de surveillance. Et des idées, l’entreprise n’en manque pas. Mais elles sont, pour l’instant, plus au service des actionnaires que d’une entreprise qui a toujours peiné à vraiment se définir.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Universal Music Group, le dernier coup de poker gagnant de Vincent Bolloré

C’est ainsi depuis l’origine, quand Guy Dejouany, le tout-puissant patron (1976-1996) de la Compagnie générale des eaux, donnait naissance à l’embryon de ce groupe en raflant Canal+ en 1994 et en donnant naissance à l’opérateur téléphonique SFR en 1987. Loin de structurer ses participations, il les organisait en bastions, avivant dans l’ombre la concurrence entre ses barons.

Son successeur, Jean-Marie Messier (1996-2002), a voulu donner une cohérence à cet ensemble hétéroclite, le focalisant progressivement sur les médias. Il utilisait hier les mêmes mots que Yannick Bolloré aujourd’hui pour célébrer la création d’un leader international des médias. Il croyait à la convergence fructueuse du téléphone et de la télévision, l’alliance des tuyaux et des contenus. Il s’est brûlé les ailes dans sa conquête de l’Amérique, mais a laissé une pépite, le géant du cinéma et de la musique Universal, qui fait aujourd’hui la fortune de ses lointains successeurs.

Décote consciencieuse

La Bourse, elle, n’a jamais cru à cette chimère, ni de la convergence entre médias et télécoms ni de la possibilité d’un géant français du divertissement sur le modèle des américains Disney ou Fox, ou de l’allemand Bertelsmann. Alors elle a appliqué consciencieusement une décote de holding à l’entreprise, signifiant que la valeur de l’ensemble était significativement plus faible que la somme de ses composants.

La cession en cours d’Universal Music Group l’illustre à la caricature. Sa valorisation actuelle, avant son entrée en Bourse en septembre, est exactement la même que celle de son propriétaire Vivendi, soit 35 milliards d’euros. Cela veut-il dire qu’une fois Universal vendu, le reste du groupe Vivendi, qui comprend Havas, Canal+, Editis, Prisma Presse ainsi que des participations dans Telecom Italia, Prisa et Lagardère, ne vaudra rien ? Non, mais que les financiers ne voient aucune valeur ajoutée à la réunion de toutes ces activités au sein d’un même groupe. Ils ne croient pas à sa raison d’être.

Il vous reste 16.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page