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qu’est-ce que le syndrome de l’infirmière, mal féminin qui attire les hommes torturés ?

Il existe autant de formes de maux affectant l’amour que d’amoureux eux-mêmes. Après le syndrome du sauveur ou encore, la perversion narcissique, c’est au tour du syndrome de l’infirmière de faire parler de lui. 

Quelle réalité englobe-t-il ?

Syndrome de l’infirmière : quelles sont les caractéristiques ?

Le nom que revêt le syndrome est assez révélateur des symptômes qui le caractérisent. En effet, les femmes qui souffrent du syndrome de l’infirmière endossent le rôle de cette profession hospitalière non pas dans la sphère professionnelle, mais bien dans le cadre de leur vie personnelle et plus particulièrement, dans le cadre de leur relation amoureuse

Elles enfilent la blouse du personnel soignant – et avec elle, toutes ses responsabilités – tandis que leur chéri devient le patient malade qu’il faut guérir. 

C’est d’ailleurs pour cette raison que la plupart des femmes concernées sont attirées, bien avant les débuts de la relation, par des hommes torturés, blessés, tourmentés : ils ont souvent des addictions ou une santé mentale des plus fragiles. Elles voient en eux des hommes qu’il faut à tout prix sauver, quitte à s’oublier soi-même en cours de route. 

Tout le long de la relation, elles vont ainsi redoubler d’efforts pour aider leur amoureux et ce, sur bon nombre de choses, des plus anodines aux plus importantes : trouver un emploi, lancer un projet, guérir une addiction… Certaines d’entre elles se donnent tellement qu’elles négligent leurs propres besoins et tombent dans une sorte de burn-out. 

Qu’est-ce qui provoque ce syndrome chez les femmes concernées ?

Il faut remonter loin dans le temps, plus précisément à l’enfance, pour déceler les origines du syndrome de l’infirmière. En effet, les personnes souffrant de ce syndrome (dans le présent) essaient inconsciemment, par ce biais, de panser leurs blessures profondes et réparer leurs traumatismes passés

Durant l’enfance, n’ayant pas “assez” bénéficié et/ou ressenti la présence de leurs parents et ce, sur plusieurs plans (affection, soutien, attention…), les femmes improvisées infirmières réparent l’autre pour se réparer elles-mêmes de manière inconsciente, simplement par mécanisme de projection

Aurore Le Moing, psychopraticienne et conseillère en relations conjugales, l’explique comme suit dans les colonnes du magazine Elle : “Par projection, elles donnent à l’autre ce qu’elles auraient aimé recevoir mais qu’elles n’ont pas forcément eu durant leur enfance, comme de l’attention, de la considération, de l’aide et du soutien.”

Syndrome de l’infirmière VS syndrome du sauveur : quelles différences ?

Mais attention à ne pas confondre syndrome de l’infirmière et syndrome du sauveur. S’ils partagent de nombreuses similitudes, de petites différences subtiles les séparent… 

  • C’est un syndrome plus féminin que masculin

Comme son nom l’indique, le syndrome de l’infirmière est un mal qui concerne essentiellement les femmes, car il joue sur leur “instinct maternel”, naturellement et biologiquement présent chez la gent féminine. Il s’appuie également sur des mécanismes psychologiques plus prégnants chez les femmes que chez les hommes, à l’image de la volonté de “sauver l’autre”. 

Nicole Prieur, psychothérapeute et philosophe interrogée par nos homologues de Psychologies, explique : “Au début d’un couple, il y a toujours cette dimension thérapeutique chez la femme. Elle va vouloir soigner quelque chose chez l’homme tandis que lui, de son côté, va chercher à la formater, à la ramener vers un modèle auquel il est attaché.”

  • La forme d’altruisme est différente, d’un syndrome à l’autre 

Dans le cadre du syndrome du sauveur, l’altruisme est intéressé. La personne qui “vient en secours” à l’autre attend de la reconnaissance et se sert de ces gestes “héroïques” pour exister et “briller” en quelque sorte. C’est ce qu’on appelle un “altruisme narcissique”. 

Mary C. Lamia et Marylin J. Krieger, psychologues américaines, auteures de l’ouvrage Le syndrome du sauveur, explicitent cette notion de la manière suivante : « Au tout début d’une relation, le sauveur semble bienveillant et satisfait de son propre altruisme, mais à mesure que le temps passe, il se montre de plus en plus malheureux, déçu, critique et impuissant. » 

Dans les cas les plus graves, le “sauveur” peut aller jusqu’à manipuler, dénigrer ou rabaisser l’autre, pour mieux le sauver ensuite et s’adonner à une sorte de perversion narcissique inconsciente. 

Le syndrome de l’infirmière, quant à lui, est dénué de toute dimension intéressée et ne s’appuie que sur l’empathie, la générosité et le besoin de porter secours à autrui.

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