Economie

Plus résignés que convaincus, les journalistes d’Europe 1 reprennent le travail

Olivier Samain, délégué SNJ à Europe 1, le 21 juin.

Cinq jours après avoir pris la décision de faire grève, pour la première fois de l’histoire de la station, les salariés d’Europe 1 ont jugé plus pertinent, mercredi 23 juin en début d’après-midi, de ne pas la prolonger. Prévue pour s’arrêter à 13 heures, elle aurait pu reprendre si la colère des grévistes (près d’une centaine au décompte de mardi) avait trouvé un nouveau combustible. A l’inverse, une rencontre de l’intersyndicale et de la Société des rédacteurs (SDR) avec Constance Benqué, la présidente de Lagardère News, mercredi en fin de matinée, a permis à la température de redescendre de quelques degrés. « Elle a su trouver les mots pour apaiser les esprits », résume une journaliste.

Lire aussi Europe 1 : près d’une centaine de salariés votent la reconduction de la grève

Estimer la crise terminée et les problèmes soulevés par la grève soldés serait cependant prématuré. En effet, loin de prendre des engagements fermes, la dirigeante, qui n’a pas souhaité répondre au Monde, s’est semble-t-il contentée d’« ouvrir des portes de sortie honorables » sur les différents sujets conflictuels.

Sur la procédure disciplinaire engagée à l’encontre de Victor Dhollande, d’abord. Le journaliste, mis à pied la semaine dernière après avoir eu des mots avec une personne des ressources humaines surprise en train d’enregistrer une AG, ne devrait pas échapper à un licenciement. « Il est clairement sur le départ, regrette Olivier Samain, le délégué syndical SNJ. Mais on a cru comprendre que la direction était prête à trouver une voie apaisée pour lui permettre de partir de manière convenable. » Une parole qui frisait « le non-dit », et qui ne s’est accompagnée d’aucun engagement, l’entretien préalable auquel le journaliste est convoqué n’ayant pas encore eu lieu.

Plutôt qu’un conflit massif qui aurait pu, comme en 2016 à i-Télé avant que celle-ci ne devienne CNews, se solder par une déroute, les salariés d’Europe 1 ont opté pour une vigilance au long cours

La fermeté n’a pas été davantage de mise sur la question de l’aménagement d’une éventuelle clause de conscience. Parce que la rédaction d’Europe 1 est constituée en agence de presse (Europe News), ses membres n’ont pas droit à cette disposition qui permet à des journalistes en désaccord avec un changement de ligne éditoriale de leur média de prétendre à un départ avec des indemnités. Mais Mme Benqué s’est montrée ouverte à « une disposition pour que les journalistes qui le souhaiteraient puissent partir dans des conditions financières à définir », ajoute M. Samain. Le délégué syndical estime que cette avancée constitue pour la direction « une manière d’admettre que le nouvel Europe 1 n’aura pas le même projet éditorial » qu’aujourd’hui.

Il vous reste 47.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page