Economie

Les patrons de start-up, la « noblesse d’épée » d’Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron, au salon VivaTech, porte de Versailles, à Paris, le 16 juin 2021.

Petits déjeuners de travail à Bercy, dîners de gala ou en comité restreint à l’Elysée : de plus en plus de patrons de start-up françaises ont leur rond de serviette dans les palais de la République. Si Frédéric Mazzella, le fondateur de Blablacar, ou Ludovic Le Moan, évincé en février de Sigfox, ont longtemps paru esseulés, c’est désormais un troupeau de licornes (les sociétés de la tech dont la valeur est estimée à plus de 1 milliard de dollars, soit 840 millions d’euros), qui arpente le tapis rouge déroulé aux heureux élus du Next 40, cette cohorte de pépites choisies et bichonnées chaque année. Les plus connectés parmi eux ont enregistré dans leur smartphone le précieux « 06 » de Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, voire celui d’Emmanuel Macron.

« Je suis un provincial, primoentrepreneur, je n’avais pas les accès : figurer dans le Next 40 nous a ouvert des portes », témoigne Pierre-Yves Frouin, qui a créé, en 2014, BioSerenity, une jeune pousse du diagnostic médical en hypercroissance. « Nos problématiques sont pratiques, ce qui nous intéresse, c’est de régler les problèmes. L’Elysée et Bercy nous interrogent régulièrement sur la manière dont les choses fonctionnent dans les autres pays, afin d’améliorer la compétitivité de la France. » En 2019, la première promotion du Next 40 avait ainsi obtenu une procédure accélérée pour délivrer des visas aux « talents » venus des Etats-Unis ou de Hongkong.

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« Nous sommes des gens opportunistes. Quand on nous offre la possibilité d’avoir accès aux services fiscaux ou à d’autres services de l’Etat, on la saisit », abonde Olivier Goy, fondateur de la plate-forme de prêts participatifs October, également membre du Next 40. Au printemps 2020, l’entrepreneur a eu gain de cause auprès de Bercy pour que les plates-formes de financement participatif puissent distribuer à leurs clients les prêts garantis par l’Etat (PGE). Le 25 mars, le gouvernement avait, dans un premier temps, restreint l’octroi du PGE aux guichets bancaires. « Nous bénéficions d’une écoute auprès de Bercy. Nous avons d’ailleurs obtenu le même droit en Italie et aux Pays-Bas. Seuls l’Espagne et l’Allemagne ont refusé notre demande », ajoute M. Goy.

« Il y a une congruence entre les start-up et le monde macronien »

Qui eut cru cela possible ? L’association France FinTech, créée en 2015 pour fédérer les jeunes pousses technologiques du secteur financier, compte désormais parmi ses partenaires… la Banque de France. « Nous sommes aux côtés des start-up », a martelé le gouverneur, François Villeroy de Galhau, le 1er avril, à l’occasion d’un des nombreux événements organisés par l’institution en faveur de l’innovation. « La réglementation participe de la compétitivité d’un pays. Il y a quelques années, ce principe paraissait choquant vu d’Europe continentale, mais une vraie révolution culturelle est en train de s’effectuer à la Banque de France pour soutenir la finance innovante et les fintech, ce qui n’empêche pas le superviseur d’être exigeant », précise Alain Clot, président de France FinTech.

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