Economie

Des recruteurs tentés par le « renseignement offensif »

Carnet de bureau. Après avoir dirigé un cabinet de recrutement pendant quinze ans (1990-2005), puis un bureau de détective privé spécialisé dans la recherche de personnes disparues jusqu’en 2010, Philippe Dylewski est arrivé aujourd’hui sur la table de chevet de recruteurs sous forme de manuel sur les outils et techniques du renseignement, intitulé Le Renseignement offensif (Agakure Editions). « Ça fait deux mois qu’il est numéro un des ventes dans son secteur sur Amazon. Et je ne sais toujours pas pourquoi. La majorité des acheteurs sont des dirigeants ou des manageurs », confie l’auteur.

Avec une moyenne de 225 ventes par mois depuis mars, Le Renseignement offensif, commercialisé uniquement sur Internet, reçoit un bon accueil du public. A titre de comparaison, « sur les livres d’entreprises, 1 000 exemplaires, c’est en moyenne ce qu’on espère vendre dans l’année », explique un responsable d’Eyrolles, spécialiste de ce segment de l’édition.

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Le Renseignement offensif n’est pas le best-seller de l’année, ni un ouvrage grand public, mais un manuel qui s’adresse aux professionnels de l’investigation : les responsables de veille stratégique, les journalistes, les dirigeants de PME, les responsables de marketing. « Organiser planques et filatures », « Détecter les micros dans mon bureau », « Outils de cryptographie » sont des têtes de chapitres somme toute éloignés du cœur d’activité des responsables des ressources humaines.

« Les candidats idéaux »

En revanche, « Traduire vos documents parfaitement grâce à l’intelligence artificielle » ou « Débusquer les mensonges d’un CV » rejoint leurs préoccupations quotidiennes. De même que le parti pris de l’auteur qui est de donner aux professionnels « des armes pour attaquer ».

L’heure pourrait être à l’offensive dans le recrutement. « Le marché subit un effet de ciseau, avec plus d’annonces d’emploi, en hausse de 20 % sur un an, et, dans le même temps, des candidats attentistes. La bataille pour les talents est vive », explique Matthieu Eloy, le directeur général France d’Indeed, un site d’emploi qui représente 19 % du marché du recrutement en France.

Malgré les branches sinistrées par le Covid, comme l’aéronautique, qui maintiennent leurs plans de départ (8 800 salariés de moins dans le grand Sud-Ouest en 2020), tous secteurs confondus, les entreprises envisagent 30 000 recrutements de plus qu’en 2019 et s’attendent à des difficultés. L’Unédic, convaincu du rebond économique, anticipe même 126 000 créations d’emplois en 2021 et plus de 360 000 sur trois ans. L’hôtellerie-restauration est déjà à la peine. Dans les services à la personne, O2 recherche 3 000 candidats pour signer des CDI, dernier exemple pour le tourisme, Center Parcs recrute 250 saisonniers.

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