Economie

Dans l’industrie automobile, les zélés de l’électrique s’affichent sans fard

La Fiat 500e, version électrique de la Cinquecento, devant l’usine FCA, à Turin (Italie), le 18 janvier 2021.

Fiat est le dernier en date à rejoindre une liste qui commence à prendre de la consistance. Vendredi 4 juin, la firme italienne du groupe Stellantis s’est ralliée aux constructeurs – Jaguar, Smart, Volvo, Mini, Alpine, Ford Europe – qui se sont engagés à ne plus proposer que des modèles électriques à compter de 2030. Toute l’industrie automobile a compris que le moteur thermique est, à terme, condamné, mais les avis divergent sur le calendrier. Pour ces nouveaux convertis à l’électrique, la cause est entendue : il faut devancer le mouvement plutôt que l’accompagner.

« Si l’on considère le cycle de développement d’un modèle, 2030 est une échéance pas si lointaine, et un tel engagement, plus ou moins sincère et volontaire, représente un vrai pari », observe Laurent Petizon, directeur général pour la France du cabinet de conseil AlixPartners, expert international du secteur automobile. Pour les marques les plus zélées, il ne s’agit pas d’un pur acte de foi. « Ces constructeurs, souligne-t-il, n’ont guère d’autre choix que d’aller dans cette direction, compte tenu de leur taille, de leur positionnement et de l’évolution de la réglementation ». Jaguar et Alpine, en mal de reconquête, n’ont plus rien à espérer du côté du thermique, alors que Fiat, Smart et Mini devront s’adapter aux futures règles de la mobilité urbaine. Volvo (filiale du chinois Geely) et Ford Europe se plient à la stratégie mondiale de leur maison mère.

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Ce volontarisme ne fait pas consensus. Lors de la dernière réunion du G7, qui s’est achevée le 13 juin, les sept pays les plus riches se sont engagés à réduire de 50 % les émissions de CO2 d’ici neuf ans par rapport à 2010 et à hâter le bannissement des véhicules essence ou diesel mais ont renoncé, comme certains l’envisageaient, à avancer la date butoir de 2030. Les grandes marques, ne sont pas les plus empressées. Pionnier de l’électrique, Renault s’en tient à une proportion de 30 % de véhicules décarbonés en 2025 pour l’Europe, Volkswagen table sur 70 % de modèles électriques en 2030, tandis que General Motors n’envisage pas une conversion totale avant 2035 et Mercedes avant 2039. Selon la plupart des constructeurs, opter pour le tout-électrique dès 2030, c’est se lancer dans une fuite en avant à l’issue incertaine. Certes, la société américaine d’information économique IHS Markit, qui vient de revoir ses prévisions à la hausse, estime qu’en 2030 un véhicule produit sur quatre sera dépourvu de moteur thermique. Mais, en définitive, cette croissance vigoureuse n’ouvrirait à l’automobile décarbonée qu’une partie minoritaire du marché.

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