Economie

les partenaires sociaux se penchent sur les comptes d’Agirc-Arrco

Devant une agence Agirc-Arrco, à Lille, le 29 mai 2015.

L’exécutif n’est pas le seul à envisager des mesures d’économies sur les retraites. Lundi 21 juin, les partenaires sociaux, qui gèrent de façon paritaire Agirc-Arrco, engagent des discussions sur l’équilibre financier du système de pension complémentaire des salariés du privé. Le régime, qui verse 85 milliards d’euros de prestation à quelque 13 millions de personnes, a été mis à mal par la récession liée à l’épidémie de Covid-19. Alors qu’ils étaient revenus dans le vert en 2019, les comptes se sont dégradés l’an passé, avec un « résultat global » qui devrait être de l’ordre de – 4 milliards d’euros.

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Ce déficit avait été anticipé peu après le début de la crise, conduisant le conseil d’administration d’Agirc-Arrco à exercer son « devoir d’alerte » en octobre 2020. Prévue dans des accords nationaux interprofessionnels (ANI) de 2017 et de 2019, cette procédure est enclenchée quand les réserves financières de la caisse risquent de représenter moins de six mois de pensions, sur un horizon de quinze ans.

Si ce « ratio de sécurité » n’est plus respecté, les principales organisations patronales et syndicales sont alors invitées à se mettre autour de la table « en vue d’ajuster les ressources ou les charges » du dispositif. C’est donc dans ce cadre que la première séance de négociations se déroule, lundi, les réserves d’Agirc-Arrco (évaluées à 62,6 milliards d’euros fin 2020) étant susceptibles de passer sous le seuil requis durant la décennie à venir.

Le patronat veut limiter les pensions

Les tractations, qui ont été précédées de plusieurs réunions préparatoires, s’annoncent serrées. Car pour reconstituer le « magot » d’Agirc-Arrco, une piste semble être étudiée de près par le patronat : elle consisterait à ralentir la progression des pensions versées, par exemple en les revalorisant en dessous de l’inflation ou en les bloquant temporairement, afin de museler les dépenses. « Les salariés ont plus souffert que les retraités, qui n’ont quasiment pas été impactés par la crise », explique Eric Chevée, vice-président de la Confédération des petites et moyennes entreprises. Sous-entendu : si des efforts doivent être demandés, c’est aux seniors ayant cessé leur carrière d’en faire.

Dans l’entourage de Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, on se montre prudent, en indiquant que la rencontre de lundi est une première étape qui vise à dresser un état des lieux. Agirc-Arrco va, certes, sortir de « la trajectoire imposée [par les ANI] », invoque-t-on, mais « l’écart n’est pas majeur ». Pour autant, « nous ne dérogerons pas aux règles de pilotage stratégique fixées en 2019 ». Autrement dit, pas question de s’éloigner du « ratio de sécurité ». Mais « l’objectif n’est pas de geler les pensions », complète Didier Weckner, le président (Medef) d’Agirc-Arrco.

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