Economie

« Les départements peuvent agir pour revaloriser l’aide à domicile »

Tribune. Les départements jouent un rôle majeur en matière d’action sociale et de solidarité de proximité. Parmi ces actions, l’aide à domicile permet de soulager les personnes âgées vulnérables et de répondre à une demande de la société : le maintien à domicile le plus longtemps possible, malgré l’avancée en âge.

Alors que les besoins sont grandissants du fait du vieillissement de la population et du nombre, en augmentation constante, de personnes âgées dépendantes (2, 5 millions de personnes, dont 700 000 en perte d’autonomie sévère), le secteur ne parvient pas à recruter, connaît un fort absentéisme, un taux de sinistralité élevé [accidents du travail, maladies professionnelles…] et pâtit d’une image dévalorisée dans l’opinion.

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Les départements attribuent l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), leurs équipes procèdent à l’évaluation de la situation de dépendance des personnes âgées et sont chargées de l’élaboration des plans d’aide. Mais le but à atteindre, à savoir la préservation de l’autonomie des personnes, est perdu de vue, au profit d’une approche purement technicienne et comptable de l’activité. Les moyens adoptés vont à l’encontre des objectifs affichés.

Pour préserver au maximum, et le plus longtemps possible, l’autonomie des personnes, la relation d’aide à domicile suppose de « faire avec » plutôt que « de faire à la place ». Il faut que s’établisse, entre le bénéficiaire et l’intervenante, une relation de confiance, construite sur les échanges, la proximité, le temps passé ensemble. Or, aujourd’hui, ce temps si précieux consacré à l’écoute, au lien social, à l’échange, est occulté au profit d’un temps fragmenté, morcelé et dissolu, jusqu’à des prestations évaluées par les financeurs par quart d’heure ou demi-heure. Les conséquences sont le plus souvent dramatiques pour les personnels, comme pour les bénéficiaires.

Amplitudes horaires élevées

Pour les intervenants, les temps fragmentés ne permettent pas de gagner dignement leur vie : les aides à domicile se déclarent, pour 72 % d’entre elles, à temps partiel, ce qui explique en grande partie des niveaux de rémunération très inférieurs (en moyenne 893 euros) au smic mensuel et des temps de travail hebdomadaire compris entre dix-huit et vingt-quatre heures.

Pour les usagers, ce temps fragmenté est, dans la plupart des cas, terriblement frustrant : « La personne à domicile est, avec le facteur, la seule personne que je vois encore », entend-on très souvent. La dimension affective et relationnelle est occultée au profit d’une approche taylorienne de l’activité.

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