Economie

Lagardère amende les règles du code Afep-Medef

L’assemblée générale de Lagardère prévue mercredi 30 juin doit se prononcer sur la constitution du nouveau conseil d’administration. En raison de l’actionnariat du groupe, ces réunions pourraient ressembler à s’y méprendre à une pièce de vaudeville d’Eugène Labiche : portes qui claquent et principaux personnages sommés de faire une navette incessante entre la scène et les coulisses.

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En effet, Vivendi, actionnaire à 27 % de Lagardère, détient 100 % d’Editis – numéro deux français de l’édition – tandis que Lagardère possède 100 % d’Hachette Livre, le leader hexagonal et numéro trois mondial. Donc l’administrateur qui devrait représenter le groupe de Vincent Bolloré, Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi, ne pourra pas rester dans la salle du conseil lorsque les questions sensibles concernant l’édition seront abordées, pour ne pas avoir connaissance d’informations concernant son concurrent direct. Les deux administratrices indépendantes de Vivendi – Virginie Banet, senior advisor chez AlixPartners et Foncière Atland, qui a travaillé pour le groupe Lagardère entre 2008 et 2010, et Laura Carrere, directrice commerciale chez EcoAct – devraient également se retirer.

Quand il sera question de Lagardère Travel Retail Group, qui gère plus de 4 850 magasins dans les aéroports et les gares, c’est cette fois Valérie Bernis, ancienne directrice générale adjointe chez Engie et représentante indépendante de LVMH, qui devrait sortir. En effet, le groupe Arnault, par l’intermédiaire de Financière Agache, son véhicule d’investissement, détient DFS, le numéro un mondial de la vente de produits de luxe dans les aéroports… Un concurrent direct. Enfin, pour corser l’affaire, quand les sujets d’Europe 1, Paris Match ou le JDD seront évoqués, les représentants de Bolloré et Arnault, qui détiennent des actifs dans la presse et les médias, devraient également quitter la pièce…

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Lagardère a pris les devants

C’est en tout cas ce que prévoit explicitement le code de gouvernement d’entreprise des sociétés cotées établi par l’AFEP-Medef et actualisé en janvier 2020, dans le chapitre consacré à la déontologie des administrateurs : ces derniers ont « l’obligation de faire part au conseil de toute situation de conflit d’intérêts même potentiel et s’abstiennent d’assister au débat et de participer au vote de la délibération correspondante ».

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Pour éviter la multiplication de ces situations « délicates », Lagardère a pris les devants. Il demandera au conseil, le 30 juin, dans la foulée de l’assemblée générale du groupe, d’adopter un règlement intérieur de 18 pages – que Le Monde a pu consulter – qui reprend les dispositions du code AFEP-Medef, tout en les explicitant, notamment dans son annexe baptisée dispositif de « Ring Fencing » (« cantonnement juridique »).

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