Economie

Pendant la reprise, les plans sociaux se poursuivent dans l’aéronautique

Manifestation contre les suppressions d’emplois d’employés du secteur aérien, à Roissy-Charles de Gaulle, le 18 mars 2021.

Airbus a sifflé la fin de la crise. Bientôt, la pandémie de Covid-19 ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour l’avionneur européen, qui se projette à grande vitesse dans le monde d’après. A en croire Christian Scherer, le directeur commercial du groupe, le retour aux cadences de production connues avant la pandémie pourrait même être beaucoup plus rapide que prévu. Le patron des ventes anticipe un retour à meilleure fortune « entre 2023 et 2025 ».

L’objectif du numéro un mondial de l’aéronautique est de sortir de ses chaînes 45 appareils de la famille A320 par mois d’ici à la fin 2021. Avec une montée en cadence qui va s’accélérer, sinon s’emballer, pour atteindre 64 exemplaires par mois avant la mi-2023, et 70 en 2024.

Très confiante dans la solidité de la reprise, la direction d’Airbus se prend à rêver de cadences atteignant même les 75 appareils par mois en 2025. Encore « une simple hypothèse » pour l’avionneur.

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Il n’empêche, si l’optimisme, voire l’enthousiasme, est de retour au sein des compagnies et des constructeurs, il n’en est pas de même sur le front social. Il semble que la reprise de l’activité n’a pas eu d’effet positif sur les nombreux plans sociaux en cours ou en prévision. Dans la foulée d’Air France et d’Airbus, et leurs 7 500 et 5 000 (en France) suppressions de postes respectives, ce sont une bonne partie des acteurs de l’aéronautique qui ont choisi de tailler dans leurs effectifs.

Myriade de sous-traitants

« Les plans continuent à s’annoncer. Les procédures de départs ne sont pas suspendues », dénonce Tayeb Khouira, membre du bureau national de SUD-Aérien.

De 20 000 à 30 000 suppressions de postes sont toujours pendantes parmi la myriade de sous-traitants de la plate-forme de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, à Roissy-en-France. Des coupes claires souvent couplées à des « méthodes de voyous », s’indigne le syndicaliste. Ainsi, le groupe Worldwide Flight Services (WFS), un des plus importants sous-traitants de l’aéroport de Roissy, est le seul candidat à la reprise de… sa filiale CBS, spécialisée dans la manutention des bagages, placée en liquidation judiciaire.

« Sur la plate-forme d’Orly, il y a plein de petites entreprises qui virent chacune quelques dizaines de salariés », explique la CGT

Une reprise avec de la casse : « 174 suppressions de postes sur 420 salariés », pointe M. Khouira. Mais c’est tout bénéfice pour WFS, qui « fait l’économie d’un PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] et qui n’aura pas à régler les dettes de son ex-filiale », ajoute-t-il.

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