Economie

HSBC cède sa banque de détail en France, perdant au passage 1,9 milliard d’euros

C’est une transaction qui en dit long sur la mauvaise passe que traverse le secteur bancaire français. Le groupe bancaire britannique HSBC, qui souhaitait se défaire de son activité de banque de détail en France depuis près de deux ans, a finalement annoncé, vendredi 18 juin, la conclusion d’un protocole d’accord.

Aucun grand établissement bancaire traditionnel n’ayant répondu présent, c’est finalement la petite banque française My Money Group, filiale du fonds d’investissement américain Cerberus, qui a signé afin d’acquérir, pour 1 euro symbolique, le réseau HSBC France, ses 244 agences, ses 800 000 clients et leurs 21,5 milliards d’euros de dépôts, et pour reprendre ses 3 900 salariés.

L’opération, dont la finalisation est attendue pour le premier semestre 2023, va en réalité s’avérer extrêmement coûteuse pour l’institution bancaire britannique. Compte tenu notamment des besoins de capitalisation du réseau cédé, elle se traduira au total pour HSBC par une perte avant impôts d’environ 1,9 milliard d’euros. A ce tarif, HSBC vend également des droits de propriété intellectuelle sur la marque Crédit commercial de France (CCF), le nom initial du réseau qu’il avait racheté en 2000 pour attaquer le marché français.

Acteur peu connu

La banque britannique avait alors racheté l’enseigne, dont le siège rayonnait sur les Champs-Elysées, à prix d’or, 11 milliards d’euros. My Money Group entend aujourd’hui ressusciter l’ancienne marque. « Le nouveau CCF serait une banque française indépendante et de taille humaine, dotée d’un large portefeuille de produits haut de gamme », explique le groupe contrôlé par Cerberus dans un communiqué.

Pour la fédération CFDT Banques et Assurances, il s’agit là de « l’aveu le plus cuisant d’un échec, celui de l’intégration du CCF dans un groupe bancaire qui rêvait d’être un géant ». « Au fil des ans, d’erreurs stratégiques en réorganisations successives, le groupe n’a cessé de s’affaiblir », poursuit l’organisation syndicale dans un communiqué, en soulignant que « le défi économique et financier du repreneur est immense », l’« opération à haut risque » arrivant « dans un contexte très difficile, pour ne pas dire au pire moment ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi HSBC : « Un départ de France bien piteux pour la banque anglaise, qui se rêvait locale »

« Il n’y aura pas de plan de restructuration, s’il y en a un, avant 2024-2025 », a assuré Eric Shehadeh, le PDG de My Money Group. Cet acteur peu connu du grand public, spécialisé notamment dans le regroupement de crédits des particuliers ou le financement automobile, rassemble peu ou prou les anciennes activités bancaires de General Electric en France, rachetées par Cerberus en 2016.

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