Economie

les salariés de la radio se mettent en grève jusqu’à lundi

La tension est montée d’un cran chez Europe 1. A l’issue d’une assemblée générale tenue vendredi 18 juin, les salariés de la station du groupe Lagardère ont voté la grève. Sur les 95 bulletins remis dans l’urne, 84 s’y sont dits favorables, 9 seulement étaient contre. Trois choix leur étaient offerts : ils pouvaient soit cesser le travail immédiatement, soit commencer la grève dimanche à 18 heures, soit la commencer lundi, après la soirée électorale. Finalement, ils ont choisi d’entamer le mouvement à partir de 16 heures vendredi, pour tout le week-end, et jusqu’à lundi inclus. Ce jour-là, ils se réuniront en assemblée générale à 10 heures pour envisager la suite. Les salariés doivent maintenant se déclarer – grévistes ou non-grévistes – auprès de leur supérieur hiérarchique.

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Ces derniers demandent « l’annulation de la procédure disciplinaire entamée contre Victor Dhollande », une requête déjà formulée jeudi 17 juin. Vers 12 heures 30, Constance Benqué, la patronne de la radio, a écrit aux syndicats pour refuser tout retour en arrière, arguant qu’ils ne connaissaient pas « les motivations exactes » de la procédure ni « la nature des faits reprochés » au journaliste, selon un message lu par Le Monde.

Mise au pas de la rédaction

Le rédacteur avait eu une altercation mercredi 16 juin avec un membre des ressources humaines qui enregistrait clandestinement une réunion des salariés censée faire le point sur la situation de la station et l’influence de Vincent Bolloré, devenu le premier actionnaire de Lagardère chez Europe 1. Victor Dhollande, connu pour « ses élans » mais « unanimement apprécié », avait été mis à pied dix jours, jusqu’au 30 juin, avec à la clé un possible licenciement. Les syndicats avaient été reçus par deux responsables des ressources humaines jeudi 17 juin, qui avaient justifié la procédure par d’autres événements survenus antérieurement. « C’est complètement disproportionné. Jusque-là, il n’avait même pas eu d’avertissement », rétorque un journaliste.

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Pour les salariés, cette mise à pied brutale témoigne surtout de la volonté d’un actionnaire d’effectuer une mise au pas de la rédaction. « On a face à nous une direction qui se raidit, qui se cabre, analyse un membre de la rédaction. De toute façon, Constance Benqué n’a plus les clés du camion. »

« Le match est joué. Je ne vois aucun autre scénario possible que celui d’i-Télé », déclare un autre membre de la rédaction. En 2016, la rédaction de la chaîne d’information, propriété de Vivendi (dont Vincent Bolloré est le premier actionnaire), avait mené un mois de grève, sans toutefois faire vaciller le milliardaire breton. Au final, des dizaines de journalistes étaient partis, et la chaîne avait changé d’identité pour devenir CNews. La direction d’Europe 1 a laissé entendre cette semaine que, fin août, une sorte de « clause de conscience » – dispositif qui permet à un journaliste de quitter un média avec lequel il n’est plus en accord – pourrait être mise en place. C’est là une demande de la rédaction, qui craint avec effroi une transformation d’Europe 1 en satellite de la très conservatrice CNews, alors que des figures de la chaîne prennent déjà du galon dans la grille.

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