Economie

La France et le miroir magique de l’attractivité

Analyse. Vous souvenez-vous des contes des frères Grimm ? L’un des plus connus relate l’histoire d’une petite fille à la peau blanche comme neige, et de sa marâtre, qui, torturée par la jalousie, interroge chaque jour son miroir magique : « Dis-moi, miroir, qui est la plus belle du royaume ? » Le miroir, qui ne ment jamais, flatte l’orgueil de la reine. Jusqu’au jour fatidique où la petite fille éclôt en une ravissante jeune femme, et que la reine tombe de son piédestal. On connaît la suite…

L’économie n’est pas un conte de fées, mais il faut parfois relire les contes de fées. Début juin, Emmanuel Macron et ses ministres n’ont pas manqué de saluer, à grand renfort de déclarations, la performance de la France, promue pour la deuxième année d’affilée pays d’Europe le plus attractif pour les investisseurs, selon le désormais traditionnel « Baromètre de l’attractivité » réalisée par le cabinet EY.

L’une des premières limites que l’on peut apporter à l’enquête EY est qu’elle n’intègre pas la place des pays asiatiques, ou des Etats-Unis

Rappelons les conclusions factuelles de cette étude. Malgré la crise due au Covid, la France a décroché l’an dernier 985 projets d’investissements étrangers (dont le montant n’est pas dévoilé par l’étude), qui représentent environ 30 000 emplois, coiffant donc au classement le Royaume-Uni et l’Allemagne. Viennent ensuite, dans l’ordre décroissant, l’Espagne, la Belgique, la Pologne, la Turquie, les Pays-Bas, l’Irlande et le Portugal, qui clôt la marche. C’est sans doute là l’une des premières limites que l’on peut apporter à cette enquête : à l’heure de la mondialisation triomphante, elle n’intègre pas la place des pays asiatiques, ou même des Etats-Unis.

La complexité du droit du travail hexagonal

Ajoutons à cela que la première place française se joue à un cheveu – ou plutôt à dix projets près, sur un millier environ. Le second pays au classement, le Royaume-Uni, tout pénalisé par le Brexit qu’il soit, talonne l’Hexagone avec 975 projets. Notre pays a subi un ralentissement plus important que d’autres dans la crise due au Covid. Les projets d’investissement en Europe sont en recul global de 13 %, mais ils ont baissé de 18 % en France. Là encore, le Royaume-Uni marque des points, puisque la baisse des investissements n’y est que de 12 % : il continue d’être le premier pays d’accueil des centres de décision des groupes en Europe et fait presque jeu égal avec la France pour les centres de recherche. L’Allemagne, elle, s’en tire avec un très faible recul de 4 % du nombre de projets. La France a donc été davantage frappée par la crise par rapport à ses voisins.

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