Economie

De la Libération à sa réouverture, la Samaritaine dans « Le Monde »

La Samaritaine en 1935.

On trouve tout dans Le Monde ! Quand on recherche au rayon de la Samaritaine, par exemple, c’est le temple de l’abondance. Des articles de toutes les tailles et pour tous les goûts. Alors que le grand magasin parisien, sis entre la Seine et la rue de Rivoli, s’apprête à rouvrir ses portes, le 23 juin, après seize ans de travaux, se plonger dans les archives du Monde sur les traces de la « Samar », c’est traverser un pan de l’histoire de Paris.

En 1980, Edwy Plenel, qui vient de rejoindre le service éducation, y sonde les dernières tendances de la rentrée scolaire et constate que « Casimir fait un bouillon ».

Ce bâtiment Art nouveau mâtiné d’Art déco s’est transformé de bazar populaire, tel que le voulait encore la famille des anciens propriétaires à la Libération, en vitrine du luxe français pour touristes argentés, tel que le rêve aujourd’hui le groupe LVMH, qui l’a acquis en 2001. Cette métamorphose raconte en creux la mue sociologique de la capitale.

Longtemps, la célèbre adresse a constitué un indicateur fiable pour jauger la vie quotidienne et le pouvoir d’achat des Français. Cette vigie des étiquettes était du reste bien commode, car assez proche du siège de la rédaction du Monde, à l’époque situé rue des Italiens, dans le 9arrondissement… Alors, quand Léon Blum, devenu président du gouvernement provisoire en décembre 1946, décide une expérience de baisse des prix, un envoyé spécial se rend sur place le 4 janvier 1947 et constate avec satisfaction que le magasin « fait un escompte sur le total des achats ».

Un thermomètre de la France

Pendant les grandes grèves de cette même année 1947, le ralliement des employés est considéré comme un signe tangible de l’ampleur du mouvement. En 1949, l’autorisation d’ouverture le lundi après-midi, rognant à titre expérimental le régime de deux jours de repos hebdomadaire, est scrutée. La Samaritaine n’est pas Billancourt mais reste un intéressant thermomètre de l’humeur du pays.

L’actualité sociale va resurgir sporadiquement, en 1968, quand les CRS évacuent la Samaritaine comme une vulgaire Sorbonne, ou en 1979, dans une affaire de discrimination à l’embauche. Mais, depuis la fin des années 1950, l’intérêt pour l’enseigne s’est fait plus léger. Les journalistes viennent prendre le pouls de l’époque, en version cette fois air du temps, principalement dans la succursale ouverte boulevard des Capucines et baptisée de manière prémonitoire la Samaritaine de luxe.

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