Economie

Avec la crise liée au Covid-19, les ventes aux enchères en perte de vitesse

Lors d’une vente aux enchères d’une huile sur toile de Claude Monet intitulée « Dieppe », au château d’Artigny, à Montbazon (Indre-et-Loire), le 6 juin 2021.

Le recul est manifeste. En 2020, le montant des ventes aux enchères en France, tous secteurs confondus (art, automobiles et chevaux), établi par une étude du Conseil des ventes volontaires (CVV), l’autorité de régulation du marché hexagonal, s’est élevé à 2,9 milliards d’euros – une chute de 14 % par rapport à 2019, « plus forte que la baisse du produit intérieur brut sur la même période (– 8,3 %), et supérieure à celle ressentie lors de la crise financière de 2008 (– 8,1 %) », précise l’enquête publiée jeudi 17 juin, en partenariat avec Beaux Arts Magazine. Sur le seul créneau des ventes d’art et d’objets de collection, qui ont totalisé 1,2 milliard d’euros, la dégringolade est encore plus vertigineuse, de l’ordre de 22 %. Ainsi, Drouot a vu son chiffre d’affaires fondre, passant de 302 millions d’euros en 2019 à 129 millions en 2020.

En temps normal, il y aurait de quoi s’affoler. Toutefois, avec une année marquée du sceau du Covid-19, cette baisse était prévisible. Lors du premier confinement, au printemps 2020, les salles de ventes ont dû baisser le rideau. Les dispersions les plus importantes ont été reportées à 2021. Or moins de grandes collections implique moins de records, et, partant, moins d’allant.

« Le goût du bel objet n’a pas disparu », assure toutefois Henri Paul, président du CVV, rappelant que « la France a maintenu son rang ». Comme chaque année, l’Hexagone occupe la quatrième place sur l’échiquier mondial du marché de l’art, après la Chine, qui vient de détrôner les Etats-Unis, et la Grande-Bretagne, qui, malgré les effets combinés du Covid-19 et du Brexit, a jugulé ses pertes à 10 %.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La maison de ventes aux enchères Sotheby’s secouée par la crise du coronavirus

Sans bousculer les hiérarchies, la pandémie a rebattu les cartes. Jusqu’en 2019, les plus grandes maisons françaises enregistraient de plus fortes croissances que les petites. En 2020, cela a été l’inverse, relève le rapport : les opérateurs les plus affectés par la crise ont un chiffre d’affaires supérieur à 5 millions d’euros de ventes. En premier lieu les mastodontes Christie’s et Sotheby’s, qui accusent des baisses respectives de 17 % et 56 %, sans perdre pour autant leur hégémonie sur le segment des œuvres d’art.

« Le haut du panier a plus souffert que le reste »

A l’inverse, une petite maison de ventes traditionnelle comme Beaussant Lefèvre affiche un bilan en progression de 41 % en 2020. A son actif, il est vrai, l’enchère record de l’année, un lot de deux rares albums chinois de l’encyclopédie Yongle Dadian, adjugé pour 8,1 millions d’euros. « Les plus petites structures françaises sont légères, plus réactives. Elles n’ont pas besoin de faire le tri dans les objets pour ne garder que les plus chers, comme y sont tenues les multinationales », commente Henri Paul, précisant que « le haut du panier a plus souffert que le reste ».

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