Economie

le PDG de l’opérateur s’explique devant les députés

François Braun, directeur du SAMU et chef du pôle Urgences du CHR de Metz-Thionville (Moselle), le 11 juin 2021

Deux semaines après la panne du réseau de l’opérateur Orange, le PDG de la firme de télécommunications, Stéphane Richard, était appelé à s’expliquer mercredi 16 juin devant les députés de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.

« Ce n’est pas un problème de sous-investissement de la part d’Orange, ce n’est pas lié au réseau cuivre, c’est lié à un bug logiciel préexistant » sur un équipement « installé en 2016 », a expliqué Stéphane Richard devant les députés.

Le « bug logiciel, qui ne s’était pas manifesté jusque-là, s’est produit au moment d’une commande de reconnexion (…) à l’occasion d’une opération de modernisation et d’extension du réseau pour faire face à l’augmentation du trafic que nous avons observée tout au long de l’année 2020 » a détaillé Stéphane Richard.

Le 2 juin en fin de journée, les numéros 15, 17, 18 et 112 étaient pour beaucoup de Français inaccessibles ou joignables seulement après de multiples tentatives. Cette panne a de façon inédite affecté tout le territoire.

A ce jour, cinq morts suspectes ont été constatées simultanément à ladite panne : dans le Morbihan, la Haute-Saône, la Vendée, les Bouches-du-Rhône, et à la Réunion. Selon les conclusions de l’enquête d’Orange, publiée le 11 juin, ce sont 11 800 appels (soit 11 % du total) qui n’ont pas été acheminés pendant la panne du 2 juin, entre 16 heures 45 et minuit.

Ce dysfonctionnement « est la conséquence d’un bug dans les logiciels des call servers », c’est-à-dire les équipements techniques qui gèrent l’interconnexion entre le réseau IP et l’ancien réseau analogique, avait exposé Orange à l’issue de l’enquête. L’entreprise écarte également la piste d’une cyberattaque.

Faiblesse dans la communication de crise

Pour M. Richard, « cet incident n’est pas lié à un sous-investissement, mais à un investissement. Tous les messages sur l’obsolescence du réseau sont hors sujet », a-t-il affirmé mercredi.

Le dirigeant de l’opérateur a néanmoins reconnu devant les députés « des faiblesses » dans la communication de crise de la part de son groupe lors de la panne.

Le 2 juin, « la mobilisation technique a été immédiate », mais « l’activation des cellules de crise, et notamment managériales, a été trop lente », a estimé M. Richard. Il a ainsi annoncé que le délai de déclenchement de ces cellules « passer[ait] de deux heures à trente minutes », comme l’a recommandé l’enquête interne d’Orange.

S’il « n’appartient pas » aux opérateurs « de se prononcer » sur la mise en place d’un numéro d’urgence unique (qui fait actuellement débat), le recours à « des campagnes d’envois de SMS (…) à toute la population » pour signaler un numéro de secours en cas de nouvelle panne est une mesure « à envisager », dans la mesure où elle est possible à mettre en place techniquement, a par ailleurs déclaré M. Richard aux députés.

Le PDG d’Orange, qui préside aussi l’Association internationale des opérateurs télécoms, va également proposer la création « d’une cellule chargée de répertorier, analyser et partager les expériences des sept cent cinquante opérateurs mondiaux sur ce type de dysfonctionnement », ainsi qu’il a pu l’expliquer aux députés après avoir cité une liste d’incidents similaires survenus chez d’autres opérateurs à l’étranger.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après la panne chez Orange, la bataille autour d’un numéro unique d’appel d’urgence est relancée

Le Monde avec AFP


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