Economie

Hopium, le « frenchy » qui se rêve en Tesla de l’hydrogène

Olivier Lombard, président fondateur de la marque automobile Hopium.

Un brun ténébreux portant bagues, bracelets, tatouage tranchant avec son costume bien taillé, et, malgré le soupçon de barbe, un air jeune. Très jeune. Voilà à quoi ressemble l’Elon Musk français de l’hydrogène. Olivier Lombard, tout juste 30 ans, n’est pas un petit génie de l’informatique, mais un pur produit de la culture voiture, jeune retraité du pilotage automobile de haut niveau (il a été vainqueur aux 24 Heures du Mans en 2011 en catégorie LMP2), qui compte bien créer une marque automobile en partant de rien.

Le juvénile président fondateur de la marque automobile Hopium présentera, à Paris, jeudi 17 juin, sa toute première superberline à hydrogène, la Mãchina. L’engin de luxe affichera 500 chevaux de puissance, 1 000 kilomètres d’autonomie en un seul plein d’hydrogène et coûtera 120 000 euros. Le moment est d’importance pour l’avenir d’Hopium et de M. Lombard. Il s’agira de valider un pari à 300 millions d’euros – c’est le montant du besoin de financement d’Hopium à long terme – qui fait de cette jeune pousse une sorte de Tesla de l’hydrogène, même si le prestigieux nom n’est jamais prononcé.

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Le Francilien, né à quelques encâblures de l’usine Peugeot de Poissy (Yvelines), a beau avoir été biberonné à l’huile de moteur, il croit dur comme fer aux atouts de la « mobilité H2 » haut de gamme, comme le fondateur de Tesla croyait dans les bolides à batterie avant tout le monde. « La facilité de charge, trois minutes au lieu de vingt minutes pour une électrique, sera un argument décisif en faveur de l’hydrogène », argumente le jeune patron, qui fut également pilote d’essai d’un prototype de course d’endurance propulsé par ce gaz. C’est donc logiquement qu’Olivier Lombard a supervisé en personne le développement de la voiture. Quant au design de la Mãchina, il a été confié à un jeune « couturier » automobile, Félix Godard, passé par Porsche et… par Tesla.

Entre Paris, Montlhéry et Los Angeles

Hopium affiche des ambitions mondiales et rêve d’être présent sur les trois gros marchés potentiels de l’hydrogène : l’Europe, l’Asie et les Etats-Unis. Il compte pour cela sur une organisation technologique et industrielle très étudiée. Si le siège est situé dans les beaux quartiers parisiens, à deux pas du palais de l’Elysée, le site de développement se trouve à proximité du circuit de Linas-Montlhéry (Essonne). Gage de la solidité industrielle du projet, c’est l’équipementier Plastic Omnium qui fournira le réservoir d’hydrogène de la Mãchina. Pour ce qui est des équipes de recherche et développement numériques, qui travaillent en particulier sur les technologies de la blockchain, elles sont installées à Los Angeles.

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Malgré cet air de la Côte ouest, la comparaison avec Tesla a évidemment ses limites. Il serait probablement plus pertinent de faire l’analogie avec la société californienne Hyperion, qui concocte une « hypercar » ultrasportive à hydrogène, potentielle concurrente d’Hopium. Hopium vise pour 2030 une production somme toute raisonnable de 8 000 véhicules par an, ce qui ne l’a pas empêché de séduire plusieurs chefs d’entreprise à titre privé, lesquels ont accompagné en décembre 2020 son introduction sur le marché Access des start-up de la Bourse de Paris.

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