Economie

Avec la crise, la droite redécouvre les vertus de l’Etat actionnaire

Réouverture d’une librairie à Mulhouse, le 11 mai 2020.

Est-ce l’effet des élections régionales qui approchent ? Ou bien le spectre du supposé « mur de la dette Covid » des entreprises, qui les pousse à être inventif ? Ces jours-ci, les élus rivalisent de propositions invitant l’Etat à prendre le contrôle des entreprises en difficultés, quitte à bousculer leur propre cadre idéologique. A gauche, mais surtout à droite, l’idée qu’il puisse entrer au capital de dizaines de milliers d’entreprises endettées petites ou moyennes, et plus seulement très grandes, pour les aider à passer le cap délicat de la sortie de crise, ne semble plus effrayer plus grand monde.

Pour leur éviter les affres du surendettement, la présidente de la région Ile-de-France (ex-Les Républicains, LR) Valérie Pécresse, candidate à sa succession, plaide ainsi sans complexe pour que l’Etat devienne actionnaire des PME à qui il a prêté de l’argent pendant la crise. « Le gouvernement devrait transformer une partie des prêts garantis par l’Etat qu’il a faits en fonds propres pour les entreprises, pour qu’elles ne se retrouvent pas surendettées parce qu’elles vont avoir à investir pour l’avenir », affirmait-elle dimanche 13 juin sur BFM-TV.

Des propos quasiment identiques à ceux prononcés quelques mois plus tôt par son homologue Xavier Bertrand, lui aussi candidat à sa succession dans les Hauts-de-France. « Je demande depuis deux mois à Bercy de transformer les prêts garantis par l’Etat en fonds propres pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire [ETI] », plaidait-il dans le Journal du dimanche à l’été 2020.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après l’explosion de la dette Covid-19 en France, le dilemme du gouvernement

Le risque pointé par ces élus ? Que les quelque 700 000 entreprises qui ont souscrit des prêts garantis par l’Etat depuis 2020, dont une myriade de petites sociétés, ne puissent pas les rembourser au printemps prochain, lorsque les premières échéances tomberont.

Les montants sont colossaux – les encours s’élèvent à 140 milliards d’euros – mais les pouvoirs publics et de nombreux économistes estiment qu’elles seront en réalité peu nombreuses à avoir des difficultés de paiement – ainsi, 5 % ou 6 % d’entre elles seraient concernées au plus. Le risque étant porté par l’Etat qui garantit 90 % des financements, c’est toutefois lui qui se trouvera en position d’arbitre le moment venu.

« Il faut sortir de l’hypocrisie »

« Je ne veux pas qu’elles se retrouvent face au mur de la dette Covid », prévient Valérie Pécresse, qui promet non seulement, pour les entreprises de sa région, d’« annuler » cet endettement, mais aussi de créer un fonds public pour « investir dans ces entreprises, notamment des entreprises hôtelières ».

Il vous reste 68.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page