Economie

Thalys, toujours dans le rouge, devra se redresser avant de s’unir à Eurostar

Un train Thalys, le 29 août 2017, près de Lesquin (Nord).

Dans la gare de Bruxelles-Midi, les deux engins se font face. A gauche, la motrice rouge rubis du Thalys 4303 qui vient d’arriver de Paris, à droite la locomotive verte des années 1950 qui assurait la même desserte des décennies auparavant. Ce lundi 14 juin est un jour spécial. Les deux actionnaires de la compagnie ferroviaire Thalys, la SNCF (60 % du capital) et son homologue belge, la SNCB (40 %), ont décidé, en sortant les vieilles locos, de célébrer le « cent septante-cinquième » anniversaire de la ligne Paris-Bruxelles. C’était en 1846 et on ne mettait pas une heure vingt-deux, comme en 2021, mais deux jours pour relier en train la capitale belge.

Cent soixante-quinze ans plus tard, les Thalys, qui fêtent aussi leurs vingt-cinq ans d’âge, veulent faire de ce moment une renaissance. Pour la première fois depuis des mois, la compagnie met en place, ce 14 juin, onze allers-retours Paris-Bruxelles par jour (contre sept la veille), soit la moitié de son plan de transport d’avant-crise due au Covid-19. Car la compagnie franco-belge, reliant France, Belgique, Pays-Bas et Allemagne, sort, comme toutes les entreprises de transport international, de quinze mois d’une tempête sanitaire sans précédent.

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« Après une année 2019 record où nous avions transporté 8 millions de passagers et réalisé 550 millions d’euros de chiffre d’affaires, nous avons pris les vagues du Covid-19 de plein fouet, raconte Bertrand Gosselin, directeur général de Thalys. Le trafic et les ventes ont baissé de 70 % en 2020, mais ce fut plutôt de 90 % à 95 % au plus fort de la crise pandémique. Et le premier trimestre 2021 a été une catastrophe, marqué par la dureté des mesures de restriction de déplacement pour freiner l’épidémie. »

Malgré un plan d’économies de 300 millions d’euros, des projets ralentis ou annulés, et une réduction des effectifs (passage de 700 à 600 salariés), la crise a fini par mettre l’entreprise au bord de la cessation de paiements. « Nous avons dû faire appel aux banques fin mai. Elles nous ont suivis pour 120 millions d’euros, remboursables sur quatre ans », précise M. Gosselin.

Les rapports de force ont bougé

Il reste maintenant à redresser la barre. Thalys compte monter en charge graduellement et atteindre 70 % de ses fréquences habituelles en juillet, puis 80 % en septembre. La rentrée sera l’occasion de présenter une offre repensée pour la clientèle professionnelle, et de dévoiler des rames rénovées, baptisées « RubY », à l’intérieur remis au goût du jour et capables de transporter 7 % de passagers en plus. Quant au plan d’affaires, il prévoit, sauf nouvel aléa sanitaire, d’atteindre l’équilibre financier en 2022 et de retrouver des niveaux de trafic comparables à ceux de 2019 en 2023 ou 2024.

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