Economie

« Nous vivons au-dessus de nos moyens écologiques »

Tribune. Cinq semaines de débats à l’Assemblée nationale et plusieurs milliers d’amendements déposés auront seulement permis le maintien d’une multitude de dérogations et de systèmes de compensation qui vont permettre de continuer légalement à détruire notre « écosystème Terre ». Les intentions de la convention citoyenne pour le climat de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre (GES) et de stopper l’extension urbaine ont été largement détournées.

Nous vivons au-dessus de nos moyens écologiques. Pour lutter contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité, préserver un potentiel de production de biomasse mis à mal par le dérèglement climatique, il nous faudrait plus d’espaces naturels, agricoles et forestiers ; nous n’en disposons pas. Au regard du déséquilibre global, le code de l’urbanisme ne doit plus faire référence à la notion d’équilibre entre les espaces urbanisés et les autres espaces naturels, agricoles et forestiers.

L’objectif de « zéro artificialisation nette » était déjà critiquable quand France Stratégie [organisme d’évaluation et de prospective rattaché à Matignon] le proposait à l’horizon 2030, mais « l’ambitieux gouvernement » vise 2050 ! De plus, ce dernier demande aux législateurs de lui donner carte blanche pour définir et mesurer l’artificialisation quand les gouvernements successifs n’ont pas été capables de le faire depuis plus de dix ans.

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La réduction de l’artificialisation des sols par les collectivités ne deviendra une obligation qu’en 2027 au sein des plans locaux d’urbanisme, laissant ainsi jusqu’à 2037 pour une simple réduction de 50 % du rythme d’artificialisation. De plus cette division par deux en dix ans de l’artificialisation restera un vœu pieux, faute d’instruments fiables et non contestables et de compétences de l’État en matière d’extension urbaine.

Imposture

Autre trouvaille, la désartificialisation ou la « désimperméabilisation » des sols ! Oter le béton ou le bitume permettrait de compenser la destruction des surfaces « artificialisées ». Une fois le béton et le bitume supprimés apparaissent des terres compactées ; l’eau et l’air ne peuvent y circuler, la réserve hydrique y est faible, comme le stock de carbone ; ces terres ne pourront retrouver leur niveau antérieur fonctionnel qu’après plusieurs dizaines d’années au mieux. Si la désimperméabilisation présente un réel intérêt, elle ne peut constituer une contrepartie à l’artificialisation. C’est une imposture !

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