Economie

Le Royaume-Uni signe son premier accord de libre-échange post-Brexit

Les premiers ministres autralien, Scott Morrison, et britannique, Boris Johnson, à Londres, mardi 15 juin 2021.

Pour les partisans du Brexit, mardi 15 juin aura été une journée symbolique : pour la première fois depuis sa sortie de l’Union européenne (UE), le Royaume-Uni a signé un accord de libre-échange indépendant, en l’occurrence avec l’Australie. Il ne s’agit, pour l’instant, que d’un accord de principe, dont les détails ne sont pas publiés, mais Downing Street n’hésite pas à le qualifier « d’historique ».

« Cet accord montre ce qui peut être réalisé en tant que nation souveraine », souligne Liz Truss, la ministre britannique du commerce international. Avant le Brexit, la politique commerciale relevait des prérogatives de la Commission européenne, puisqu’elle s’applique à l’ensemble du marché unique. Pendant la campagne du référendum sur le Brexit, en 2016, les « brexiters » avaient brandi de possibles accords commerciaux indépendants comme une des principales raisons de la sortie de l’UE.

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Sur le fond, personne n’ose cependant affirmer que cet accord va marquer un tournant. Selon les prévisions du gouvernement britannique lui-même, dans un scénario optimiste, l’accord avec l’Australie pourrait provoquer une hausse du produit intérieur brut du Royaume-Uni de… 0,02 % sur quinze ans. « 0,00 % est plus réaliste », réplique David Henig, spécialiste des questions commerciales et directeur du UK Trade Policy Project. L’Australie est géographiquement trop éloignée pour être un partenaire commercial majeur. Les échanges entre les deux pays s’élèvent à 13,9 milliards de livres sterling (16,1 milliards d’euros) par an, soit moins de 2 % du commerce britannique.

Droits de douane réduits ou supprimés

Londres assure que l’accord va bénéficier à quelques secteurs (dont la liste n’est pas précisée à ce stade) pour lesquels les droits de douane doivent être réduits ou supprimés. Par ailleurs, un accord permettant aux jeunes Britanniques d’obtenir des permis de travail en Australie, déjà en place pour les moins de 30 ans, va être étendu aux moins de 35 ans.

Du côté australien, la principale victoire concerne la suppression des droits de douane pour les importations de bœuf et d’agneau. Avec ses gigantesques fermes, certaines dépassant la taille de la Belgique, et son climat ensoleillé, l’Australie est capable de produire de la viande à un prix défiant toute concurrence.

Gouvernement divisé

Le sujet a provoqué une vive inquiétude chez les agriculteurs britanniques. Il a aussi profondément divisé le gouvernement de Boris Johnson, plusieurs ministres s’opposant à ce cadeau fait aux Australiens. Un compromis a été trouvé, avec l’introduction d’une très longue période de transition de quinze ans avant l’entrée en vigueur complète de l’accord. D’ici là, des quotas seront fixés sur l’importation de viande. Joe Spencer, du cabinet comptable MHA MacIntyre Hudson, pousse un soupir de soulagement.

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