Economie

trois questions sur le modèle d’Amazon en France, après l’attribution de 80 % des matchs au groupe américain

L’attaquant turc de Lille Burak Yilmaz lors du match de L1 entre Angers et Lille, au stade Raymond-Kopa d’Angers, le 23 mai 2021.

L’arrivée d’Amazon a secoué le paysage audiovisuel français en raflant 80 % des matchs du championnat de Ligue 1. « C’est la surprise du chef. Et la prise de pouvoir des services “over the top” qui passent par Internet sur les chaînes traditionnelles, qui utilisent les canaux hertziens », estime Nicolas Rotkoff, ex-responsable des droits sportifs chez Altice et conseiller pour l’appel d’offres Ligue 1 de DAZN, sorte de « Netflix du sport ».

Selon nos informations, la Ligue de football professionnel a recontacté le géant du numérique il y a trois semaines, estimant que Canal+ avait baissé son offre fixe à 530 millions d’euros, bien en dessous des 600 millions réclamés par la Ligue. « Notre offre a toujours été la même avec une part fixe et du variable », conteste-t-on chez Canal+. Amazon s’était déjà porté candidat dans l’appel d’offres infructueux de février, mais seulement sur les dix meilleures affiches. L’entreprise américaine s’est laissée convaincre par la Ligue qu’il y avait un coup à jouer en achetant l’ensemble des matchs de l’éphémère Mediapro, finalement remportés à prix cassé (250 millions contre 780 pour l’Espagnol). Jamais Amazon n’avait acheté des droits sportifs d’une telle ampleur. Cette percée attire déjà des questions, notamment sur son modèle, différent de celui des autres diffuseurs.

Quelle sera la visibilité du football français ?

L’exposition des matchs est cruciale pour les clubs de Ligue 1, car elle détermine le sponsoring, soit 21,7 % de leurs recettes en 2018-2019 (414 millions d’euros). Les marques qui payent pour apparaître sur les maillots ou en bord de terrain veulent être vues.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le foot français choisit Amazon, Canal+ claque la porte

Certains – dont Canal+ – mettent en doute la capacité d’Amazon à toucher un large public. « Les chiffres extrêmement bas d’audience de Roland-Garros sur Amazon font passer sur la Ligue 1 le risque de l’invisibilité », a écrit samedi 12 juin dans L’Equipe Vincent Duluc, journaliste spécialiste du football. Un tiers des foyers français reçoit la télévision par la TNT ou le satellite, et n’a donc pas accès au service Prime Video sur son téléviseur. Côté fournisseurs Internet, celui-ci n’est préinstallé que sur les boxes les plus récentes d’Orange, Bouygues, SFR ou Free.

Mais à la Ligue, on rétorque que « 100 % des foyers sont connectés à Internet, et que 70 % des téléviseurs sont connectés ». Et Amazon assurait vendredi avoir été « encouragé par l’accueil qu’a reçu la diffusion de Roland-Garros auprès de nos abonnés ». « Comme tout nouveau diffuseur, la plate-forme est attendue au tournant mais, pointe un connaisseur du marché, elle ne part pas de zéro comme Mediapro. » Amazon aurait déjà « 9 à 11 millions d’abonnés à son service de fidélité Prime en France », selon une source.

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