Economie

« Le projet de loi Climat et résilience doit aujourd’hui aller plus loin dans la régulation de la publicité »

Tribune. Partout, de fortes attentes citoyennes s’expriment en faveur de la régulation de la publicité, une publicité qui est aujourd’hui omniprésente dans nos rues, sur nos écrans, en somme, dans nos vies.

Ces attentes, les élus locaux y répondent en régulant l’implantation de supports publicitaires sur les territoires. Cependant, les collectivités ne peuvent agir sur les contenus qui relèvent de la responsabilité de l’Etat. Et il y a urgence à agir !

En effet, si la publicité n’a jamais eu pour fonction de dire toute la vérité, elle a néanmoins l’obligation de ne dire rien que la vérité. C’est d’ailleurs ce que soutient l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), organisme privé d’autorégulation des professionnels du secteur, qui s’est donné pour mission de « promouvoir une publicité saine, véridique et loyale ».

Contradiction flagrante

Si les professionnels du secteur en conviennent, quel est le problème ? Tandis qu’une publicité en faveur d’un vélo électrique reçoit un avis négatif de l’ARPP parce que créant un « climat anxiogène » en faisant référence à la pollution liée à l’automobile, les cas de « greenwashing » augmentent.

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Cette hausse est documentée dans la dernière édition du « Bilan 2019. Publicité & environnement » publié [en septembre 2020] conjointement par l’ARPP et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), cette dernière évoquant d’ailleurs des résultats « inquiétants » et pour cause ; les cas recensés ont pour ainsi dire doublé.

La publicité en faveur des SUV, ne représentant pas moins de d’1,8 milliard d’euros d’investissements publicitaires par an, véhicule des stéréotypes en contradiction flagrante avec la réalité

Dans ce contexte, une étude récente du WWF France est venue mettre en lumière un constat saisissant : la publicité en faveur des SUV [« sport utility vehicle », littéralement, « voiture utilitaire à caractère sportif »], ne représentant pas moins de trois heures cinquante d’antenne par jour et plus d’1,8 milliard d’euros d’investissements publicitaires par an, véhicule des stéréotypes en contradiction flagrante avec la réalité. C’est le cas de ces publicités vantant les SUV comme le moyen de communier avec une nature originelle, pure et préservée.

Ces publicités, qui s’affichent au quotidien dans nos territoires, font appel à nos paysages les plus spectaculaires, à ce que la nature a de plus beau à nous offrir… au profit de la deuxième source de croissance des émissions de CO2 en France sur la dernière décennie.

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