Economie

Face à la flambée des prix des matières premières, la CPME demande des mesures de soutien

Des troncs de pin utilisés pour fabriquer des planches en bois, à Condé-sur-Risle (Eure), le 18 avril 2021.

Ruptures d’approvisionnement, retards de livraison, flambée des prix des matières premières : la reprise de certains secteurs, en particuliers ceux de la construction et de l’industrie, est freinée par les conséquences de la crise sanitaire liée au Covid-19. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) doit se rendre au ministère de l’économie, mardi 15 juin, et lui exposer ses préconisations pour soutenir les entreprises françaises face à cette situation inédite.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coup de chaud sur les matières premières

A court terme, la Confédération souhaite « la prise en compte de la théorie de l’imprévision », pour qu’un contrat puisse être réexaminé par un juge à la suite d’« un changement de circonstances qui ne pouvait être prévu au moment de sa formation ». S’agissant des contrats avec le secteur public, elle suggère que les parties puissent convenir ensemble « d’indexer les prix pour tenir compte de la réalité de la situation économique des secteurs ». Toujours à propos du secteur public, la CPME propose également la réactivation du gel des pénalités de retard, comme au printemps 2020, « et ce, au minimum, jusqu’à la fin 2021 ».

Du côté du privé, l’organisation patronale suggère de donner la possibilité de faire appel au médiateur des entreprises pour revoir les contrats en matière de prix et de délai, « y compris lorsque le marché a été négocié à prix ferme ». « Nous avons eu des remontées de plus en plus pressantes des différents secteurs, qui sont confrontés à des hausses de prix très disparates », explique Joëlle Prévot-Madère, présidente de la section Industrie de la CPME, qui a piloté la rédaction des propositions.

« La France doit protéger sa souveraineté économique »

« L’augmentation la plus spectaculaire est celle du prix des métaux ferreux (+ 91 %), mais le prix du caoutchouc a, lui aussi, bondi de 34 %, et celui du bois, de 25 % en un an », ajoute-t-elle, ce qui a eu une forte incidence sur les filières du cartonnage et du bureau. L’agroalimentaire est également touché, d’abord par la hausse du prix des matières agricoles, ensuite par celle des emballages (+ 10 % à + 20 %).

Les difficultés d’approvisionnement en matières premières affectent 69 % des entreprises dans le bâtiment et l’industrie

Autre recommandation de la Confédération : la prolongation, aux conditions qui prévalaient jusqu’à la fin du mois de mai, de la prise en charge du chômage partiel « pour les entreprises à l’arrêt faute de matériaux ». Enfin, à plus long terme, « la France doit protéger sa souveraineté économique », insiste Mme Prévot-Madère, tout en rappelant que la situation de pénurie est partiellement due à la Chine. Pékin, en effet, a accaparé les commandes de matières premières, son activité économique ayant redémarré plus rapidement.

D’après une enquête menée auprès de 2 060 dirigeants de TPE et PME début mai, l’envolée du coût des matières premières concerne 59 % d’entre eux. Dans les secteurs de la construction et de l’industrie – les plus touchés –, ce chiffre grimpe à 93 %. Néanmoins, près de la moitié (45 %) des patrons sondés déclarent qu’ils ne répercutent pas cette augmentation sur leurs prix de vente. Les difficultés d’approvisionnement en matières premières affectent 69 % des sociétés dans le bâtiment et l’industrie. « Les économistes prévoient que la pénurie diminue au second semestre 2021, et on ne peut que l’espérer, sinon ça va être la catastrophe », s’inquiète Mme Prévot-Madère.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page