Politiques

ce qu’il faut savoir du scrutin en Bretagne


A quelques jours du premier tour des élections régionales, les yeux de La République en marche se tournent vers la Bretagne. Et pour cause : cette région, acquise à la gauche depuis 2004, pourrait constituer l’une des rares chances de victoire du parti présidentiel pour ce scrutin régional, même si les jeux sont loin d’être faits. Le PS reste attaché à son fief et le Rassemblement national se tient prêt. 

Qui est le président sortant ? 

Loïg Chesnais-Girard, socialiste de 44 ans, est le président sortant du conseil régional de Bretagne. Il a accédé à ce siège sans avoir été élu puisqu’il a pris le relais de Jean-Yves Le Drian, actuel ministre des Affaire étrangères, qui a démissionné en 2017 quand il a été nommé au gouvernement. Cet ancien maire de Liffré (Ille-et-Villaine) est candidat à sa propre succession. 

Quelles sont les listes en présence ?

Treize listes sont sur la ligne de départ. Côté PS, le président sortant Loïg Chesnais-Girard emmène la liste “La Bretagne avec Loïg” face à celle de l’ex-socialiste Thierry Burlot (Modem-LREM-UDI), ex-vice-président de la région chargé de l’environnement et candidat de la majorité présidentielle. Y figure notamment Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, en troisième position dans le Finistère.

A droite, on retrouve Isabelle Le Callennec, investie par Les Républicains, et Gilles Pennelle pour le Rassemblement national. Claire Desmares-Poirrier va défendre les couleurs d’Europe Ecologie-Les Verts tandis que Pierre-Yves Cadalen et Marie-Madeleine Dore-Lucas mènent la liste de La France insoumise.

>> Découvrez les têtes de liste et leur programme pour la Bretagne

Ces six listes seront confrontées à celles de Daniel Cueff, candidat sans étiquette, de Joannic Martin du Parti breton, de Valérie Hamon de Lutte ouvrière, de David Cabas de Debout la France et d’Yves Chauvel, candidat souverainiste à la tête d’une liste sans étiquette. Enfin, deux candidats se sont inscrits juste avant la date limite du dépôt de liste à la prefecture. Il s’agit de Christophe Daviet, à la tête d’une liste citoyenne soutenue par le site aux tendances complotistes ReinfoCovid.fr, et Kamel Elahiar de la liste “Tous unis contre l’islamophobie”.

L’histoire qui agite la campagne

La Bretagne assiste à un duel entre deux protégés de Jean-Yves Le Drian : le président de la région Loïg Chesnais-Girard, son directeur de campagne lors du dernier scrutin régional en 2015, et Thierry Burlot, membre de son équipe victorieuse dès 2004. Le premier avait finalement remplacé Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional de Bretagne de 2004 à 2017, au moment de son départ pour le Quai d’Orsay, mais le second a été investi par La République en marche, dans une terre qui avait placé Emmanuel Macron en tête des deux tours de la présidentielle. 

“Nous avons tout voté ensemble, tout fait ensemble, et manifestement, des forces extérieures à la Bretagne en ont décidé autrement”, avait regretté Loïg Chesnais-Girard sur franceinfo à propos de son rival. Le président sortant a d’ailleurs retiré à Thierry Burlot ses délégations de vice-président chargé de l’environnement en mars dernier, souligne France Bleu“Je vous rappelle que Loïg Chesnais-Girard n’a pas été élu par les Bretons et les Bretonnes, c’est Jean-Yves Le Drian, et qu’aujourd’hui, c’est l’heure de vérité”, avait répliqué Thierry Burlot.

Interrogé à propos de ce combat fratricide, l’actuel ministre des Affaires étrangères s’est contenté de botter en touche. Invité de RTL, le 23 mai, celui qu’on surnomme le “Menhir” a ainsi renvoyé dos-à-dos les rivaux : “J’ai deux héritiers que j’ai essayé de réconcilier. Ça n’a pas marché. Un peu de la faute des deux.” Il s’est également refusé à confier pour qui il voterait lors de ces élections. “Ce qui me frappe le plus, c’est que j’avais créé une espèce de laboratoire d’idées, qui s’appelle le Breizh Lab. Je constate que l’un et l’autre se réclament de ces idées”, a souligné Jean-Yves Le Drian, en appelant à une entente entre les deux hommes, au soir du premier tour. “J’espère qu’au second tour, ils se rassembleront.”

Qui part favori ?

C’est la grande incertitude de ce scrutin. D’après un sondage Ipsos pour France 3 daté du 9 juin, ils pourraient être cinq candidats encore en lice à l’issue du premier tour. Gilles Penelle (RN) arriverait en tête avec 20% des intentions de vote, suivi de près par les listes de Loïg Chesnais-Girard (PS) et Thierry Burlot (LREM), toutes les deux créditées de 19% des suffrages. Le trio de tête est talonné par Isabelle Le Callenec, la candidate des Républicains, qui obtiendrait 14% des voix. Claire Desmares-Poirrier (EELV) se qualifierait aussi au second tour grâce aux 12% qu’elle récolterait.

Au second tour, la situation est encore plus indécise. En fonction des fusions de listes, plusieurs hypothèses ont été testées. Si jamais Thierry Burlot (LREM) mène une liste d’union avec le PS, il arriverait à égalité avec les listes du RN et celle soutenue par EELV, avec 26% des voix toutes les trois. Si jamais le candidat de la majorité présidentielle se rallie à Loïg Chesnais Girard (PS), la liste d’union menée par le socialiste arriverait en tête avec 29% des votes contre 26% pour Gilles Pennelle (RN), devant Isabelle Le Callenec (LR) et ses 24%Claire Desmares-Poirrier (EELV) serait quatrième avec 21%.




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