Economie

Un Forum économique en pleine lune de miel franco-italienne

Difficile d’imaginer contraste plus éclatant. En février 2019, le Medef et son équivalent italien, la Confindustria, avaient organisé leur deuxième Forum économique à Versailles, en plein psychodrame franco-italien. Quelques jours plus tôt, l’ambassadeur de France en Italie, Christian Masset, venait d’être rappelé pour consultations à Paris, en réaction à une visite improvisée du vice-président du Conseil d’alors, Luigi Di Maio (Mouvement 5 Etoiles, antisystème), venu rencontrer des membres du mouvement des « gilets jaunes » et les assurer de son soutien. La relation entre les deux pays était au plus bas depuis des décennies, au point de devenir une menace pour l’économie. Aussi les deux syndicats patronaux avaient-ils publiquement appelé à une rapide désescalade : « A l’époque, nous avons été contraints de jouer un rôle politique », confie à La Repubblica le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

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Deux ans plus tard, le contexte a radicalement changé. Le souverainisme vindicatif du premier gouvernement Conte (juin 2018 – septembre 2019) n’est plus qu’un souvenir, le M5S est rentré dans le rang, et Luigi Di Maio s’est fondu dans le costume d’un très consensuel ministre des affaires étrangères, tandis que l’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi prenait la tête d’un gouvernement italien résolument proeuropéen. Par ailleurs, la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 a accéléré la réconciliation entre les deux pays, qui annoncent la signature avant la fin de l’année 2021 d’un traité du Quirinal formalisant la relation entre Paris et Rome d’une façon comparable au traité de l’Elysée – prolongé par le traité d’Aix-la-Chapelle – qui régit le fonctionnement du couple franco-allemand.

« Conjonction astrale »

Aussi, pour la troisième édition de la manifestation, rien n’était trop beau, et c’est une impressionnante délégation de grands patrons français et italiens qui se sont retrouvés à Rome les 10 et 11 juin, en présence de responsables politiques qui n’avaient de cesse de souligner la complémentarité existant entre deux pays qui sont le deuxième partenaire commercial l’un pour l’autre. « C’est bien simple, tout le monde voulait en être, confie Bernard Spitz, coprésident de la Commission Europe et international du Medef. Le seul obstacle que nous avons rencontré, c’était les contraintes sanitaires. »

Les deux pays ont une série de caractéristiques communes, notamment une croissance structurellement faible et un fort endettement

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