Economie

le rapport d’Orange ne met pas fin aux interrogations

A Issy-les-Moulineaux près de Paris, le 3 juin 2021.

Neuf jours après avoir subi une panne majeure empêchant de nombreux appels vers les numéros d’urgence – le 15 (SAMU), le 17 (police), le 18 (pompiers), le 112 (numéro européen unique) –, la société Orange, chargée de ce service, a présenté les conclusions de son enquête interne, vendredi 11 juin.

Selon ce document, ce sont « 11 800 appels, soit 11 % du total d’appels, [qui] n’ont pas été acheminés vers les services d’urgence » ce soir-là. Intervenue le 2 juin peu avant 17 heures, la panne a été en grande partie maîtrisée vers 2 heures du matin.

Cette enquête confirme l’hypothèse qui a été privilégiée dès le début : « [Il] s’agit bien d’un dysfonctionnement logiciel [qui] a porté sur l’interconnexion entre les services voix mobile, voix sur IP d’une part et ceux hébergés sur le réseau commuté (à savoir le réseau historique des télécoms en France sur lequel reposent la plupart des numéros d’urgence). »

« Frustration et impuissance »

Sans le citer, Orange incrimine un partenaire qui lui fournit les équipements permettant cette interconnexion. Pour l’instant, l’entreprise n’en dévoile pas le nom. L’opérateur historique réfute, en revanche, tout retard à l’allumage pour résoudre cette panne – ce que le gouvernement avait semblé lui reprocher au moment de la crise : « Les équipes d’Orange ont identifié le dysfonctionnement logiciel immédiatement (…) et ont alors engagé les premières opérations techniques, qui n’ont malheureusement pas permis de rétablir immédiatement le service », explique la direction.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Orange dans la tourmente après la panne des numéros d’urgence

En interne, l’analyse n’est pas remise en cause. Pour autant, Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC de l’entreprise, relate le sentiment de « frustration et d’impuissance » ressenti par les équipes, face à ce qui ressemble à un sentiment d’échec. Les conditions de télétravail imposées par l’épidémie de Covid-19 ont notamment pu peser sur la capacité d’Orange à réagir à cet incident.

Ce rapport ne va pas éteindre l’incendie qui s’est déclaré le 2 juin. Stéphane Richard, le patron d’Orange, est attendu, mercredi 16 juin, pour une audition devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, dont le président, le député (La République en marche, LRM) Roland Lescure, rappelle que « l’Etat a un cahier des charges très clair vis-à-vis d’Orange. Visiblement, il n’a pas été respecté ».

« Le compte n’y est pas »

Plusieurs députés semblent déterminés à mettre Orange – dont l’Etat est le premier actionnaire (23 %) – devant ses responsabilités. Parmi ceux-là, Mounir Mahjoubi (LRM, Paris), l’ancien secrétaire d’Etat au numérique, pour qui « le compte n’y est pas » au regard des explications de l’opérateur. Ces élus n’ont pas, pour l’instant, demandé l’organisation d’une commission d’enquête parlementaire.

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