Economie

avec la baisse du montant des droits télé, les « petits » clubs de l’élite devront réduire la voilure

Lors du match Toulouse-Nantes, à Toulouse, le 27 mai 2021.

Les clubs de football professionnels se partageront, au cours des trois prochaines saisons, un montant de droits télé qui représente à peu près la moitié de ce qu’ils comptaient percevoir (1,153 milliard d’euros) en 2018 au moment du choix de Mediapro. Quelles conséquences pour l’élite du foot français ? Si elles seront limitées pour les poids lourds de la Ligue 1, elles risquent d’être dramatiques pour les « petits » clubs.

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« Les acteurs du bas de tableau, disons entre la 13e et la 18e place du championnat, sont devenus télédépendants, explique Jean-Pascal Gayant, économiste du sport. En moyenne, les droits télé génèrent plus de 70 % de leurs ressources. » D’après ses calculs, le budget annuel de ces clubs a gonflé de 10 millions d’euros à la suite de l’arrivée de Mediapro, atteignant 45 millions d’euros en moyenne. Le montant des droits télé étant revenu à son niveau antérieur, ils doivent donc réaliser 10 millions d’euros d’économies.

« Vendre à bon prix »

Une équation compliquée car leur masse salariale représente entre 60 % et 70 % de leurs dépenses. « Le seul moyen pour ces clubs d’équilibrer leurs comptes est de vendre des joueurs à bon prix », ajoute M. Gayant. Mais, dans le contexte actuel, et même si le public commence à revenir dans les stades, la tâche s’annonce ardue, voire impossible. « Si le marché reste porteur pour les stars du ballon rond, ce n’est plus le cas pour les joueurs de second rang. Les clubs modestes devront réduire la voilure et revoir leur modèle économique, qui dépend trop de la télévision », confirme Jérémie Bastien, maître de conférences en sciences économiques à l’université de Reims. La plupart des clubs de l’élite sont menacés, à l’exception des poids lourds comme le PSG, Marseille, Lille, Lyon et Monaco.

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Le foot français est-il en danger ? C’est l’avis de Jean-Marc Mickeler, le patron de la direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme financier du football français. Auditionné, jeudi 10 juin, à l’Assemblée nationale, il a tiré la sonnette d’alarme : « Sans restructuration, sans apport massif des actionnaires existants, il est peu probable que la majorité des clubs puissent survivre à la saison 2021-2022 », a-t-il lâché devant les députés de la mission d’information sur le financement du sport et les droits audiovisuels sportifs.

Le championnat reprend le 9 août, et les clubs sont censés envoyer lundi 14 juin à la DNCG leur budget prévisionnel pour la prochaine saison. Depuis vendredi, leurs responsables savent ce qu’ils peuvent indiquer à la ligne « droits télé ». Il leur reste un week-end pour boucler un budget qui entre dans les clous.


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