Economie

les droits télévisés du championnat de France réattribués à Canal+ et Amazon pour 663 millions d’euros par an

Les joueurs du LOSC, autour de leur entraîneur Christophe Galtier, fêtent leur titre de champion de France de Ligue 1, le 23 mai 2021, au Stade Raymond Kopa, à Angers.

Amazon, géant américain de la distribution, a fait irruption vendredi 11 juin dans le football français en se partageant avec Canal + la diffusion de la Ligue 1, pour un montant annuel de 663 millions d’euros pour les clubs jusqu’en 2024, a appris Le Monde, confirmant des informations de l’Agence France-Presse (AFP) et de L’Equipe.

Selon la répartition adoptée vendredi par le Conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP), Canal+ (filiale de Vivendi) versera 332 millions d’euros chaque saison sur le restant de la période 2021-2024, tandis qu’Amazon s’acquittera de 250 millions d’euros annuels. A cela, le groupe américain ajoutera une rallonge de neuf millions d’euros pour diffuser neuf matchs de Ligue 2 (deuxième division du championnat de France).

La chaîne qatarienne, qui était en lice pour 80 % des matches de Ligue 1 et 100 % des matches de Ligue 2, se contentera pour sa part de deux matches par journée de L2 (30 millions d’euros), le reste allant à Amazon pour 9 millions d’euros (plus le paiement des coûts de production, estimés à 25 millions d’euros). L’opérateur Free conservera, lui, le lot des extraits en « quasi-direct » pour 42 millions d’euros.

Au total, les clubs professionnels percevront la moitié de ce qu’ils auraient dû obtenir au moment de l’irruption de Mediapro (1,2 milliard d’euros), diffuseur défaillant dont l’incursion en France a tourné au fiasco. Mais ce retour en arrière, proche des montants obtenus lors du cycle 2016-2020, a des airs de soulagement pour le football français, très ébranlé par la pandémie de Covid-19.

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Reins financiers solides

C’est surtout une entrée en grande pompe dans le paysage du foot hexagonal pour Amazon, qui s’est invité ces dernières années sur le marché des droits sportifs via sa plateforme Prime Video, acquérant par exemple certains droits TV du foot en Angleterre, en Allemagne et en Italie, ou encore des matches de tennis à Roland-Garros pour le marché français.

La stratégie du géant de la distribution en ligne vise principalement à favoriser les abonnements à sa plateforme Prime, service qui regroupe musique, films, séries, documentaires et coûte actuellement 49 euros par an ou 5,99 euros par mois.

Le choix de Canal+ (filiale de Vivendi) et d’Amazon, partenaires aux reins financiers très solides, devrait être en mesure de redonner un peu de visibilité et de stabilité aux clubs, vu l’urgence de la situation. A moins de deux mois de la reprise de la saison 2021-2022 début août, les clubs doivent désormais présenter un budget cohérent le 14 juin devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), gendarme financier du football français.

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Succès du nouveau président de la LFP

Ce dénouement a aussi des airs de succès personnel pour le président de la Ligue de football professionnel (LFP) Vincent Labrune : entré en fonction en septembre, il s’est démené pour solder en décembre l’impasse Mediapro, trouver en février un diffuseur temporaire pour le reste de la saison 2020-2021 (Canal+) et enfin négocier de gré à gré avec les diffuseurs intéressés pour trouver une solution de long terme jusqu’en 2024.

Le choix de Canal+ et Amazon, entériné vendredi après-midi par un vote du Conseil d’administration de la LFP, a été privilégié au détriment d’un autre scénario où Canal+, beIN Sports et Free se partageaient la L1 et la L2 pour 595 millions d’euros annuels, plus des bonus.

La décision de la LFP a été facilitée par une décision vendredi matin de l’Autorité de la concurrence, qui a rejeté un recours de Canal+ contre les modalités de réattribution des droits laissés vacants par Mediapro, dégageant l’horizon juridique autour du dossier.

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Le Monde avec AFP


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