Auto-Moto

au guidon du roadster électrique

Dans ce monde passionnant qu’est l’univers motocycliste, la vibration est légion, le bruit un critère d’achat. Là, il n’y a ni l’un, ni l’autre.

Enfin si ! A défaut de sonorité mécanique, la transmission engendre un son permanent lorsqu’on roule ; un bruit de marche arrière.

Cet étrange sifflement, s’il peut donner l’impression de circuler dans le futur, est tout simplement dû à la cascade de pignons à coupe droite… comme sur la marche arrière d’une boîte de vitesses de voiture.

Ce son, pas déplaisant, interpelle et permet au moins d’être entendu par le piétons. Mais on l’imaginait plus savoureux…

C’est la première impression laissée par cette nouvelle version de la diva électrique italienne, une prétendue “Streetfighter” censée faire le parallèle avec les modèles thermiques type Ducati Streetfighter V4 S, MV Agusta Brutale 1000 RR ou Kawasaki Z H2.

Problème : toutes ces motos à pistons affichent au moins 200 ch et demeurent beaucoup plus légères que l’Eva Ribelle… de 107 kW (145,5 ch).

Energica Eva Ribelle 2021

Et pourtant, lorsque la poignée est essorée, c’est la tempête, le siphon ! Rien, dans le commerce et sur deux roues, ne peut rivaliser. Au démarrage, pas d’embrayage à gérer ni de sélecteur à talonner. C’est comme un scooter.

Mais si le poignet prend trop d’angle, on se découvre balle de fusil lorsque le chien percute l’amorce. C’est tout ce dont on se souvient au premier essai.

Seconde tentative : l’écran du casque vient toucher le bout du nez et les manches s’éloignent des gants. L’Eva a des fulgurances, chaque accélération étonne. Et même en roulant à 110 km/h, les reprises s’avèrent très violentes, jusqu’à la bride placée peu après les 200 km/h.

Le couple phénoménal du moteur, disponible à chaque instant, engendre une force et une instantanéité effroyables. Un coup de gaz, et boum !

Quand, au deuxième jour d’essai, on enfourche une nouvelle fois la transalpine, c’est de nouveau une surprise. On ne peut s’habituer à une telle impression, ni se lasser d’un niveau de performances aussi dingue…

Il faut toutefois faire preuve de raison pour ne pas se satelliser à chaque feu vert. Et adapter les aides à la conduite à ses propres aptitudes. Cela évite de patiner ou de délester l’avant…

Heureusement, Energica a pensé à tout : pour ne pas laisser quotidiennement des neurones se perdre dans le casque, différents modes de conduite sont programmés.

Energica Eva Ribelle 2021

Après le Sport, follement recommandable, viennent le Rain (pluie), l’Ecoet l’Urban. Le premier porte bien son nom, le second limite la vitesse et le flux, pour préserver l’autonomie, et le troisième assure déjà un immense plaisir bercé de douceur.

Par le biais de l’écran TFT et d’une ergonomie très facile à appréhender, on peut également régler la récupération d’énergie à la décélération, pour ralentir plus ou moins fortement lorsque l’on relâche les gaz, ou au contraire se laisser filer sur l’élan.

D’élan, l’Eva Ribelle n’en manque jamais. Mais elle doit le couper à l’approche des courbes : ses 270 kg – qui se ressentent lors des gros freinages – méritent un peu d’attention pour être parfaitement placés. L’italienne n’est pas de celles qui changent d’angle par la pensée.

Son pack batterie, d’un quintal, occupe une place certaine à bord du cadre treillis, et contribue également à une maniabilité quelconque. Il faut du talent ou beaucoup d’anticipation pour réussir un demi-tour dans la rue. Mais la belle dispose aussi d’une marche-arrière, pour faciliter les manœuvres.

Si l’on reproche à certaines motos la taille de leur réservoir, celui de l’Energica est composé de cellules, et affiche 18,9 kWh de capacité utile.

Le problème tient dans son “remplissage” : il faut compter quarante minutes dans le meilleur des cas (jusqu’à 80 %), par le biais d’une borne rapide (puissance de charge maxi de 22 kW), et environ huit heures pour une charge complète depuis la classique prise de votre garage.

Une fois pleine, la batterie autorise, selon le constructeur, 400 kilomètres parcourus… à 40 km/h. Ce qui, vous en conviendrait, nous fait une belle jambe. Il faudra tabler sur environ 180 km d’autonomie à allure raisonnable, sur le réseau secondaire, sans abuser de la poignée.

Une distance suffisante pour le quotidien (mais pas forcément pour les week-end…) et pour “profiter” de la protection, inexistante, et de la raideur certaine de la suspension (réglable en précharge).

Il y a d’ailleurs autre chose pour faire mal aux fesses : le tarif. A 27 817 € le morceau, ce roadster XXL reste toutefois bien équipé.

Mais on peut encore lui ajouter une fourche et des suspensions Ohlins (3 088 €), des jantes forgées OZ (2 508 €), des poignées chauffantes (276 €) ou une clé “mains libres” (396 €), pour rendre encore plus exceptionnelle et agréable cette foudroyante moto électrique.

Essai Energica Eva Ribelle : notre avis

L’électrique, mieux ou moins bien que la moto thermique ? Juste très différente, presque incomparable.

Mais quand, comme avec cette Eva, le look se veut séduisant et les accélérations phénoménales, l’électrique laisse présager un avenir motocycliste loin, très loin, d’être ennuyant !

Energica Eva Ribelle 2021

On aime

  • Accélération extraordinaire
  • Présentation, finition et équipement
  • Douceur du mode Urban

On aime moins

  • Sonorité et maniabilité
  • Poids et raideur de suspension
  • Temps de charge et tarif

Energica Eva Ribelle : fiche technique

  • Moteur : synchrone à aimant permanent
  • Batterie : Lithium-Polymère 21,5 kWh (18,9 kWh utile)
  • Transmission : par chaîne, rapport fixe
  • Puissance (Kw/ch) : 107/145
  • Couple (Nm) : 200
  • Poids (kg) : 270
  • Long.xlarg. (mm) : 2 140×870
  • Empattement (mm) : 1 465
  • Hauteur de selle (mm) : 790
  • Freins AV : Brembo, double disque 330 mm, étriers 4 pistons
  • Freins AR : Brembo, monodisque 240 mm, étrier 2 piston
  • Pneus AV-AR : 120/70 ZR 17 – 180/55 ZR 17
  • CO2 (g/km) : 0
  • Garantie : 2 ans
  • Garantie batterie : 3 ans/50 000 km
  • Prix : à partir de 27 817 €
  • Prix du modèle essayé : 28 499 €

(casque de l’essai : Schuberth E1)

(crédit photos : Nass M. Photography)

Les deux-roues électriques, traités par auto-moto.com :

Essai moto électrique Zero Motorcycles SR/S : la deuxième charge

Essai Super Soco TS Street Hunter : moto électrique sans permis

Motos électriques 2021 : modèles, prix, autonomie


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