Economie

« La sécurité sanitaire ne sera assurée nulle part tant qu’elle ne le sera pas partout dans le monde »

Tribune. A l’heure où les pays les plus riches de la planète se retrouvent autour de la table du G7, les signaux d’une maîtrise progressive du Covid-19 chez eux sont encourageants même s’ils ne signent pas encore la fin de l’épidémie. Au Sud, l’histoire est tout autre : des femmes et des hommes y meurent faute d’oxygène, les hôpitaux sont débordés.

Insupportable humainement, cette situation nous menace aussi directement d’un rebond de la pandémie, car la sécurité sanitaire ne sera assurée nulle part tant qu’elle ne le sera pas partout dans le monde. Or, à peine 2 % des doses de vaccins disponibles ont été injectées dans les pays à bas revenu, et l’épidémie y a désorganisé toutes les campagnes d’accès aux soins : en 15 mois de pandémie ce sont 15 ans de progrès sur le front du VIH-Sida, de la tuberculose et du paludisme qui se sont évaporés.

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Nous ne pouvons pas accepter que s’installe un tel « ghetto sanitaire » à l’échelle de la planète : les pays du G7 doivent inscrire l’accès équitable à la santé à l’ordre du jour non pas de leurs discussions, mais de leurs décisions concrètes.

Il est temps d’inverser la donne !

Il y a un peu plus d’un an pourtant se mettait en place en quelques semaines à peine ACT-A, une réponse internationale à l’épidémie de Covid-19 dans les pays à bas revenu. Aux côtés de Covax pour les vaccins, Unitaid en est un acteur majeur, pour les tests diagnostiques et les traitements : ont par exemple été distribués 65 millions d’autotests en mars (il en aurait fallu 10 fois plus) et 900 millions devraient l’être d’ici à la fin de l’année.

Des concentrateurs à oxygène, simples d’utilisation, parfois utilisables sans électricité, ont été déployés. Mais il reste tant à faire et, malgré la relative générosité européenne, la volonté politique des pays riches de faire de l’accès de tous, partout, aux vaccins et aux traitements a manqué. Il est temps d’inverser la donne !

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Si nous voulons gagner la course contre le virus dans les pays vulnérables, et donc dans le monde, nous avons besoin d’engagements financiers plus solides, d’une stratégie qui permette de produire davantage de vaccins aujourd’hui et de traitements demain, et d’un appui local aux systèmes de santé.

Négocier le partage des brevets

En 2021, ACT-A avait besoin de 22 milliards de dollars. A ce jour manquent encore près de 16 milliards, soit moins de 0,5 % seulement des plans de relance engagés aux Etats-Unis et en Europe ! Comment imaginer que ces financements restent introuvables ? Le G7 doit s’engager à financer les organisations internationales engagées pour l’accès à la santé des populations vulnérables et soutenir le renforcement des systèmes de santé défaillants au Sud, car trop de vaccins ou de traitements n’arrivent pas jusqu’aux patients.

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