Politiques

ce que l’on sait de la polémique autour de la tête de liste RN Julien Odoul


Les difficultés continuent pour les candidats du Rassemblement national aux élections régionales et départementales. Après que plusieurs prétendants ont été épinglés pour des propos tenus par le passé, c’est cette fois la tête de liste du RN en Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, qui est sous le feu des critiques depuis plusieurs jours. En cause, un enregistrement audio, révélé par Libération, dans lequel on entend le candidat se moquer du suicide d’un agriculteur, selon le quotidien. Ce que Julien Odoul dément fermement. Franceinfo fait le point sur ce que l’on sait dans cette polémique.

Un enregistrement suscite la polémique

Tout commence par la publication d’un article de Libération vendredi 4 juin. Le quotidien annonce s’être procuré un enregistrement dans lequel il affirme qu’on entend le candidat RN Julien Odoul tenir des propos déplacés et moqueurs au sujet du suicide des agriculteurs. Le journal assure que plusieurs témoins lui ont confirmé la scène.

Voici la retranscription de cet enregistrement, auquel France 3 Bourgogne-Franche-Comté a eu accès, sans parvenir pour sa part à authentifier de manière certaine la voix de Julien Odoul.

Voix 1 : “Ça c’est excellent, et puis je pense qu’en plus on est dans l’actualité” 

(Passage inaudible)

Voix 2 : “Après, ça peut être accentué sur… On parle toujours du bien-être animal [Rires], on peut parler du bien-être de l’éleveur oui.”

Voix 3 : “Du bien-être paysan ! Du bien-être paysan !”

(Passage inaudible)

Voix 1 : “L’agriculteur qui se pend au faîtage de son hangar. Doit-il y avoir une trace ? [Rires] S’est-il pissé dessus ?”

Voix 4 : “Est-ce que la corde est française ?” [Rires]

Julien Odoul menace de porter plainte

Le conseiller régional RN a réagi auprès de nos confrères de France 3 Bourgogne-Franche-Comté. S’il refuse d’attester ou non de la véracité de l’enregistrement, il estime qu’on cherche à salir sa réputation, alors qu’il est donné en tête des intentions de vote, dans les sondages, à seulement deux semaines du scrutin. “C’est grotesque, c’est caricatural. Je ne vois pas de quoi ils parlent. Je n’ai rien à justifier. C’est une opération de destruction massive orchestrée par un journal d’extrême gauche, Libération. Le RN est à 30%, ça fait peur”, répond la tête de liste RN.

Même son de cloche chez l’un des autres mis en cause par Libération : son colistier Jacques Ricciardetti. Ce dernier assure n’avoir “aucun souvenir” de cette conversation. “Ce sont des attaques ignobles par la forme, et sur le fond jamais je n’ai pu rigoler d’un suicide”, s’indigne-t-il.

Dans le même temps, Julien Odoul annonce sur Twitter vouloir porter plainte pour diffamation contre le quotidien. En réponse, Libération publie l’enregistrement, au sujet duquel le candidat précise à L’Est républicain : Je ne l’ai pas eu, on a refusé de me le transmettre.”

Samedi, en déplacement à Gray (Haute-Saône), Julien Odoul a donné une version légèrement différente aux journalistes de L’Est républicain. Sans jamais affirmer qu’il s’agit bien de sa voix dans l’enregistrement, il évoque une autre lecture des propos entendus : [Cet extrait] dure vingt secondes, c’est hors de tout contexte. Ce dont parlait Jacques Ricciardetti, c’était du loup qu’il fallait pendre au faîtage de la ferme. Évidemment pas de l’éleveur ! Mais qui peut croire ça ?”

Ses adversaires aux régionales réagissent

A droite comme à gauche, les réactions n’ont pas tardé. Quelques heures après la publication du premier article de Libération, les principales têtes de liste de la région Bourgogne-Franche-Comté ont dénoncé les propos de leur concurrent RN. Parmi eux, Marie-Guite Dufay, l’actuelle présidente PS de la région, candidate à sa succession, ainsi que Gilles Platret, tête de liste LR, et Denis Thuriot, tête de liste LREM. 

Le président des Républicains, Christian Jacob, a également fustigé des propos “abjects” et un cynisme “infâme”, de la part du candidat à la présidence de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Marine Le Pen défend son candidat

La présidente du Rassemblement national n’a pas traîné, elle non plus, pour défendre son champion, dans cette région qui pourrait tomber dans l’escarcelle du parti d’extrême droite. Invitée du “Grand Jury” sur RTL, LCI et Le Figaro, Marine Le Pen a contesté, dimanche, les accusations envers son candidat : “Si vous avez lu la transcription, vous ne pouvez pas faire autrement que vous apercevoir [qu’il] ne parle pas du tout du suicide des agriculteurs. (…) Il parle du loup et des défenseurs du loup, il ne parle absolument pas des agriculteurs”, a affirmé la patronne du RN.




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