Economie

la prise de conscience des banquiers centraux

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, à Bruxelles, le 8 février 2021.

En septembre 2015, Mark Carney, alors gouverneur de la Banque d’Angleterre, avait prononcé un discours pour alerter sur les risques que le changement climatique faisait peser sur la stabilité financière. Le Daily Telegraph, le grand quotidien conservateur britannique, avait réagi avec un titre agacé : « Qui a chargé M. Carney du changement climatique ? Quoi d’autre encore ? La guerre en Syrie ? » A lire le quotidien, qui reflétait une idée très répandue parmi les banquiers centraux, ces derniers n’avaient pas leur place dans le débat environnemental.

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Six ans plus tard, le ton a sensiblement changé. Pendant trois jours, du mercredi 2 au vendredi 4 juin, une conférence (virtuelle), organisée notamment par la Banque de France, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque des règlements internationaux, a réuni le gotha des banquiers centraux pour examiner leur rôle dans la lutte contre le changement climatique. Les grands argentiers les plus puissants de la planète étaient présents : Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Jerome Powell, patron de la Réserve fédérale américaine, ou encore Yi Gang, gouverneur de la Banque centrale de Chine. Aujourd’hui, le sujet fait presque consensus : les banques centrales veulent agir. « Ma génération a changé d’avis sur ce sujet, reconnaît François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. J’ai changé d’avis. »

S’il faut mettre en place de nouvelles infrastructures pour produire de l’énergie verte, ou changer de fond en comble la technologie des voitures, cela nécessitera d’énormes financements

« Notre planète brûle, renchérit Mme Lagarde. On pourrait regarder notre mandat et se dire que c’est aux autres d’agir. Je ne le crois pas. » A ses yeux, il est évident que le changement climatique va être source de volatilité économique et d’instabilité financière. Il relève donc « absolument de notre mandat » d’agir, souligne-t-elle.

Ce débat n’a rien d’une obscure querelle ésotérique. La finance, carburant de l’économie mondiale, a un rôle primordial à jouer dans la transition écologique. S’il faut mettre en place de nouvelles infrastructures pour produire de l’énergie verte, ou changer de fond en comble la technologie des voitures, cela nécessitera d’énormes financements. « La communauté financière a été cruciale dans la révolution industrielle du XIXe siècle, rappelle Luiz Pereira da Silva, le directeur général adjoint de la Banque des règlements internationaux. Elle peut jouer le même rôle avec le climat. »

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